Du sel, du sel et encore du sel

Du sel, du sel et encore du sel

Après de nombreux jours à La Paz pour réparer mon vélo et me remettre d’une intoxication alimentaire (apparemment quasiment inévitable en Bolivie), je reprends la route vers le sud-ouest de la Bolivie.
Plusieurs centaines de kilomètres de routes pas très excitantes me permettent d’arriver à Sabbaya, un petit village proche du Salar de Coipasa.

Retrouvailles en milieu salin

Je commence a rouler, prêt à traverser le salar de Coipasa. Il y a des pistes un peu partout qui vont dans tous les sens possibles. J’en choisis une qui trace au milieu. Je dois retrouver Alex et Marie dans les environs, mais il n’y a évidemment aucun réseau ici.

Sel et terre mélangés au début du salar

L’immense étendue de sel est plutôt simple à rouler (bah oui c’est plat) mais sur certains passages, le sel est humide, des projections de sels blanchissent Zigzag et mes sacoches.

Je m’arrête au petit village de Coipasa qui se trouve sur une île du salar pour prendre quelques provisions dans l’unique minuscule épicerie. La gérante me dit que deux Français à vélo sont passés il y a une demi-heure : pas de doute ça doit être Alex et Marie.

Je reprends ma route au plus vite pour les rattraper.

Les distances sont très difficiles à interpréter tellement ce désert est plat, mais après peu de temps je vois deux silhouettes au loin. Bien qu’il est impossible de déterminer si ces silhouettes sont des voitures, des vélos ou quoi que ce soit d’autre, je décide de me diriger vers elles.

Bingo, après quelques kilomètres je retrouve Alex et Marie qui se sont arrêtés pour faire une pause avec deux autres Allemands à vélo ; ils viennent de se croiser. Nadja et Julian, eux, remontent vers le nord, ils transportent tout leur matériel d’escalade ainsi que des voiles pour faire du parapente (et oui tout ça sur leurs vélos !), ils sont donc plutôt chargés et sont très sympathiques (leur blog). C’est plutôt magique de se retrouver nous cinq au milieu de ce paysage, ça mérite donc bien une photo souvenir.

On se sépare pour poursuivre nos chemins respectifs. Le plat et la circulation inexistante du salar sont parfaits pour discuter tout en roulant avec Alex et Marie. La montagne devant nous se rapproche très très doucement malgré notre vitesse, mais après plusieurs dizaines de kilomètres nous sortons enfin du salar.

La sortie du Salar de Coipasa

Nous campons le soir même non loin d’une piste déserte proche du village de Luca et essayons de débarrasser les vélos des blocs de sel accumulés par endroits.

Vers encore plus de sel

Le lendemain nous partons vers la direction du salar suivant : celui de Uyuni. C’est le plus grand désert de sel de Bolivie et le deuxième plus grand au monde. Mais avant, il nous faut tout de même passer deux cols et une soixantaine de kilomètres.

Piste un peu ensablée
Le salar de Coipasa d’un côté du col…
… et celui de Uyuni de l’autre côté

Une fois le premier col passé nous nous arrêtons à Salinas pour manger et nous réapprovisionner en fruits, légumes, boissons …
L’après-midi on continue notre route autour du volcan Tunupa qui est surprenant de couleurs.

Volcan Tunupa

Mais vous avez vu ces couleurs !
Vue depuis le bivouac

Après le deuxième col passé nous voyons enfin le salar de Uyuni dans toute sa splendeur. Nous bivouaquons au bord de la piste et admirons le soleil se coucher sur cette immensité de sel.

La traversée

Aujourd’hui le plan est simple (et plat), nous avons juste à traverser la moitié du salar jusqu’à l’île d’Incahuasi, surnommée aussi l’île aux cactus.
L’entrée sur cette étendue blanche est tout simplement incroyable, on se croirait vraiment sur un autre monde. On se prépare chacun une bande-son adéquate car les 35 prochains kilomètres vont être dantesques mais redondants (personnellement ce sera une compil’ de Pink Floyd).

Enter the Salar
Le point noir à gauche des montagnes c’est l’île que l’on doit atteindre

Tous les théoriciens de la terre plate peuvent venir ici pour se faire une idée par eux-mêmes. La veille en hauteur nous avons très bien vu l’île au centre du désert ; une fois à son entrée (et donc à niveau), il est impossible de la voir. Un petit point noir apparaît et commence à grossir seulement après plusieurs kilomètres.

Nous arrivons très vite à notre destination, il faut dire que le trajet était vraiment simple, c’était comme rouler sur du bitume. Heureusement pour nos vélos, ce salar était totalement sec.

Nous nous reposons et prenons un bon repas (du lama !) au restaurant de l’île. Il n’y a que quelques familles qui vivent ici, mais des touristes venant en 4×4 avec des tours organisés viennent en permanence.
Nous rencontrons un Espagnol qui voyage aussi à vélo et marquons un mot dans le livre d’or réservé aux cyclistes. On remarque que le nombre de Français à vélo passant par là est plutôt important.
Le soleil commence à se coucher, des habitants nous indiquent là ou l’on peut monter nos tentes et insistent sur le fait que l’on peut s’abriter dans une des maisons si la nuit est trop froide. Ils sont vraiment super gentils avec nous.

Le vent commence à être bien fort. Nous serons les seuls touristes cette nuit à dormir sur l’île, au milieu des cactus, des rochers et de cet immense désert blanc.
Tard dans la nuit, une fois la lune couchée, je sors la tête de ma tente pour admirer le ciel étoilé… je suis vraiment sur une autre planète.

5 réactions au sujet de « Du sel, du sel et encore du sel »

  1. Waaaaaaah, magique…. ça parait vraiment irréel, quelle sensation ça doit être d’être tout petit au milieu de ces déserts blancs ! Impressionnant, bravo !

  2. super contraste, une autre planète comme tu dis ! pas trop cramé par le soleil ? Il devait tapper aussi fort par le ciel que par le sel ! pink floyd parfait 🙂 et c’est bon le lama ? Nikel la photo de vous 5 dans cette immensité blanche. Au top parrain dit Candice 😉

    1. J’ai fait l’erreur de pédaler en t-shirt dans le 1er salar. Tout est à plus de 3600m d’altitude donc on sent pas trop la chaleur mais les UV sont bien là.
      Après ça, je suis rester en manche longue pour tout le reste de la Bolivie. 🙂
      Le lama c’est vraiment pas mal ouais.

      Bisous à toute la famille.

  3. Bien ouej la crotte de nez sur la terre plate. Stylé ton blog, j’espère tu kiffes de ouf ton voyage 🙂

  4. Coucou!
    Bravo pour les traversées de déserts, plats, mais impressionnants de solitude!
    Super que tu voyages en compagnie…j’espère que tu t’es bien remis de ta gastro.
    A bientôt!

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