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Catégorie : Bolivie

Sud Lipez part 2 – Vous reprendriez bien un peu de désert?

Sud Lipez part 2 – Vous reprendriez bien un peu de désert?

Le Père Noël est très en retard, mais il a une surprise dans sa botte.

L’arbre de pierre

La nuit sous tente abritée par les quelque bâtiments de l’hôtel Del Desierto était plutôt froide, pour preuve, les bouteilles d’eau gelées que nous retrouvons au matin.
On se met en route prêts à traverser un autre désert sans idées sur combien de kilomètres nous devrons pousser les vélos.

Plusieurs passages sablonneux nous obligent à descendre de la selle et pousser nos destriers mais il y a aussi plusieurs kilomètres bien roulants. Le terrain est plutôt plat, la chaleur accablante mais les couleurs des montagnes alentours sont ahurissantes.

On arrive à l’arbre de pierre après une vingtaine de kilomètres. Cette formation rocheuse naturelle s’est formée peu à peu par les vents violents et le sable présent ici.

Árbol de Piedra

Pas de touriste, pas de 4×4, on décide de se rassasier proche de la pierre en question avec un paquet de nouilles et une boîte de maïs. Un 4×4 fait son apparition et deux touristes européens sont très impressionnés de voir des cyclistes.

La piste de l’après-midi est encore plus sablonneuse, le vent arrive rapidement comme à son habitude. Nous sommes donc plutôt lents et ce, malgré le dénivelé négatif.

On arrive à la Laguna Colorada et donc l’entrée de la réserve naturelle où plein de 4×4 et de touristes arrivent de Uyuni. Nous devons payer 150 bolivianos pour la réserve Eduardo Avaroa qui occupe tout le reste de la région jusqu’à la frontière avec le Chili. Il y a des français et plein d’autres nationalités qui vont jusqu’à nous applaudir nous et nos vélos. Il nous reste cependant encore beaucoup de kilomètres et de cols à franchir.

Les rangers du parc acceptent que l’on plante nos tentes pas trop loin de leurs habitations, un tout petit peu à l’abri du vent. Mais ils nous disent qu’il est normalement interdit de camper près de la Laguna et qu’il faut donc attendre que le soleil se couche… Nous attendons le coucher du soleil et montons nos tentes dans le vent.
La soirée est glaciale, on se réchauffe comme on peut avec un beau plat de pâtes au thon.

Allons camper plus haut que le Mont Blanc !

Je pense que j’ai passé la nuit la plus froide de mon existence, mon sac de couchage n’est pas fait pour des températures comme celle là. J’ai prévu de suivre le soleil pendant un an, c’est pas forcément synonyme avec suivre des températures clémentes.
On commence la journée en contournant la Laguna puis en gravissant un col, évidemment le vent fait son apparition dès 11h le matin.

Laguna Colorada

Une fois ce col atteint nous devons encore faire une petite vingtaine de kilomètres jusqu’aux geysers. Ce passage a été le plus dur pour moi : vent, sable et surtout piste en tôle ondulé tout le long. Ça fait mal au dos, aux fesses et au mental.
Tant bien que mal nous arrivons au Sol de Mañana, le plateau aux geysers en milieu d’après-midi. On découvre les fumerolles et les mares de boues bouillonnantes. On est désormais juste en dessous des 4900 mètres d’altitude : plus haut que le Mont Blanc !

On se prépare à camper dans le coin car ces 36 kilomètres nous ont rincés (enfin moi du moins). Le vent violent sans arrêt n’aide pas, mais Alex décide d’améliorer le rocher dont on se sert comme abri de fortune.

Une muraille de cailloux pour se protéger du vent, merci Alex.

Le soir ce sera pâtes au thon (pour changer), le thermomètre indique -5° dans la tente malgré les plats de pâtes, les réchauds et nous à l’intérieur.
Ce soir, je dors avec un t-shirt à manches longues, un pull, une polaire et ma veste ; le tout dans le sac de couchage évidemment. Le vent violent sévit toute la nuit, mais avec toutes ces couches de vêtements je n’ai pas trop froid.

Another planet

Le réveil est évidemment glacial, il a sûrement fait -15° dans la nuit. Le soleil met du temps à nous réchauffer vu l’altitude à laquelle on se trouve. Une belle descente nous attend ce matin, on se motive donc rapidement à ranger nos affaires et parcourir les derniers kilomètres avant le col à 4900 mètres.
Heureusement après le col, la piste descendante roule plutôt bien, on dépasse même les 20km/h par moment !!!
On profite du mieux que l’on peut de cette descente vers la Laguna Chalviri car on sait que l’on n’est pas au bout de nos surprises.

Descente vers la Laguna Chalviri

Après une longue pause à Polques, petit endroit touristique où il y a des bains chauds pour touristes et une petite épicerie on remonte sur nos deux roues pour attaquer encore un col.
En chemin, on passe à côté du désert de Salvador Dali, nommé ainsi par les curieux rochers qui s’y trouvent et donnent ainsi un aspect surréaliste.

Désert de Salvador Dali

Le chemin est long vers le col et le vent est de plus en plus violent à mesure que l’on avance, cependant les couleurs des montagnes m’emportent totalement : rêverais-je ?

Le vent ralentit fortement notre progression vers le col, une fois en haut c’est encore pire ! Piste ensablée et vent ultra violent. Une caravane avec une famille allemande nous demande si nous avons besoin de quelque chose.
De l’autre côté du col nous apercevons le volcan Licancabur qui marque la frontière avec le Chili : nous ne sommes donc plus très loin.

Petite tornade devant le Licancabur
Juste whaou

Nous passons à côté de la Laguna Blanca pour atteindre le refuge/hôtel/restaurant du coin. Ils acceptent que l’on campe dans une pièce à côté de la réception. Youpi, on aura pas de vent et une nuit au chaud. En plus de ça nous commandons des saucisses avec des patates, ça va nous changer des pâtes au thon. 🙂

Laguna Blanca

Nous rencontrons deux autres Français avec un groupe qui s’apprête à faire l’ascension du Licancabur le lendemain.
On passe une super soirée (sans vent !) après une bonne journée de dingue de 66 km.

Bye bye Bolivie

Le lendemain il ne nous reste moins d’une dizaine de kilomètres pour atteindre la fin de la réserve et la frontière avec le Chili.
Ça monte, mais on sait que c’est bientôt la fin de ce sublime enfer de sable.

Encore de belles couleurs juste avant la frontière
Les derniers efforts

Comme nous a prévenu le guide rencontré la veille au soir, les douaniers veulent encore nous soutirer 15 bolivianos pour rien. Il paraît qu’ils demandent ça à tout le monde mais il suffit de parler d’administration ou d’appeler l’ambassade pour qu’ils changent de sujet très vite.

Une fois en règle pour quitter la Bolivie, nous passons la frontière et retrouvons avec joie l’asphalte. Une descente vertigineuse jusqu’à la première petite ville nous attend, mais je n’en dirais pas plus pour le moment.

Chili !

Cadeau

En cadeau pour cette fin d’année : la vidéo.
Le père noël arrive en retard, car j’ai malheureusement perdu beaucoup de vidéos du sud lipez (carte SD qui crash…).
Le montage ne retranscrit donc pas trop les intempéries et la difficulté de cette région. J’ai aussi incrusté des photos pour remplacer les vidéos perdues… 🙁

Si vous voulez un autre point de vue sur la région, je vous conseille de voir la vidéo des biketrippers qui ont bien morflé : ici

Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année, à l’année prochaine !

Du sel, du sel et encore du sel

Du sel, du sel et encore du sel

Après de nombreux jours à La Paz pour réparer mon vélo et me remettre d’une intoxication alimentaire (apparemment quasiment inévitable en Bolivie), je reprends la route vers le sud-ouest de la Bolivie.
Plusieurs centaines de kilomètres de routes pas très excitantes me permettent d’arriver à Sabbaya, un petit village proche du Salar de Coipasa.

Retrouvailles en milieu salin

Je commence a rouler, prêt à traverser le salar de Coipasa. Il y a des pistes un peu partout qui vont dans tous les sens possibles. J’en choisis une qui trace au milieu. Je dois retrouver Alex et Marie dans les environs, mais il n’y a évidemment aucun réseau ici.

Sel et terre mélangés au début du salar

L’immense étendue de sel est plutôt simple à rouler (bah oui c’est plat) mais sur certains passages, le sel est humide, des projections de sels blanchissent Zigzag et mes sacoches.

Je m’arrête au petit village de Coipasa qui se trouve sur une île du salar pour prendre quelques provisions dans l’unique minuscule épicerie. La gérante me dit que deux Français à vélo sont passés il y a une demi-heure : pas de doute ça doit être Alex et Marie.

Je reprends ma route au plus vite pour les rattraper.

Les distances sont très difficiles à interpréter tellement ce désert est plat, mais après peu de temps je vois deux silhouettes au loin. Bien qu’il est impossible de déterminer si ces silhouettes sont des voitures, des vélos ou quoi que ce soit d’autre, je décide de me diriger vers elles.

Bingo, après quelques kilomètres je retrouve Alex et Marie qui se sont arrêtés pour faire une pause avec deux autres Allemands à vélo ; ils viennent de se croiser. Nadja et Julian, eux, remontent vers le nord, ils transportent tout leur matériel d’escalade ainsi que des voiles pour faire du parapente (et oui tout ça sur leurs vélos !), ils sont donc plutôt chargés et sont très sympathiques (leur blog). C’est plutôt magique de se retrouver nous cinq au milieu de ce paysage, ça mérite donc bien une photo souvenir.

On se sépare pour poursuivre nos chemins respectifs. Le plat et la circulation inexistante du salar sont parfaits pour discuter tout en roulant avec Alex et Marie. La montagne devant nous se rapproche très très doucement malgré notre vitesse, mais après plusieurs dizaines de kilomètres nous sortons enfin du salar.

La sortie du Salar de Coipasa

Nous campons le soir même non loin d’une piste déserte proche du village de Luca et essayons de débarrasser les vélos des blocs de sel accumulés par endroits.

Vers encore plus de sel

Le lendemain nous partons vers la direction du salar suivant : celui de Uyuni. C’est le plus grand désert de sel de Bolivie et le deuxième plus grand au monde. Mais avant, il nous faut tout de même passer deux cols et une soixantaine de kilomètres.

Piste un peu ensablée
Le salar de Coipasa d’un côté du col…
… et celui de Uyuni de l’autre côté

Une fois le premier col passé nous nous arrêtons à Salinas pour manger et nous réapprovisionner en fruits, légumes, boissons …
L’après-midi on continue notre route autour du volcan Tunupa qui est surprenant de couleurs.

Volcan Tunupa

Mais vous avez vu ces couleurs !
Vue depuis le bivouac

Après le deuxième col passé nous voyons enfin le salar de Uyuni dans toute sa splendeur. Nous bivouaquons au bord de la piste et admirons le soleil se coucher sur cette immensité de sel.

La traversée

Aujourd’hui le plan est simple (et plat), nous avons juste à traverser la moitié du salar jusqu’à l’île d’Incahuasi, surnommée aussi l’île aux cactus.
L’entrée sur cette étendue blanche est tout simplement incroyable, on se croirait vraiment sur un autre monde. On se prépare chacun une bande-son adéquate car les 35 prochains kilomètres vont être dantesques mais redondants (personnellement ce sera une compil’ de Pink Floyd).

Enter the Salar
Le point noir à gauche des montagnes c’est l’île que l’on doit atteindre

Tous les théoriciens de la terre plate peuvent venir ici pour se faire une idée par eux-mêmes. La veille en hauteur nous avons très bien vu l’île au centre du désert ; une fois à son entrée (et donc à niveau), il est impossible de la voir. Un petit point noir apparaît et commence à grossir seulement après plusieurs kilomètres.

Nous arrivons très vite à notre destination, il faut dire que le trajet était vraiment simple, c’était comme rouler sur du bitume. Heureusement pour nos vélos, ce salar était totalement sec.

Nous nous reposons et prenons un bon repas (du lama !) au restaurant de l’île. Il n’y a que quelques familles qui vivent ici, mais des touristes venant en 4×4 avec des tours organisés viennent en permanence.
Nous rencontrons un Espagnol qui voyage aussi à vélo et marquons un mot dans le livre d’or réservé aux cyclistes. On remarque que le nombre de Français à vélo passant par là est plutôt important.
Le soleil commence à se coucher, des habitants nous indiquent là ou l’on peut monter nos tentes et insistent sur le fait que l’on peut s’abriter dans une des maisons si la nuit est trop froide. Ils sont vraiment super gentils avec nous.

Le vent commence à être bien fort. Nous serons les seuls touristes cette nuit à dormir sur l’île, au milieu des cactus, des rochers et de cet immense désert blanc.
Tard dans la nuit, une fois la lune couchée, je sors la tête de ma tente pour admirer le ciel étoilé… je suis vraiment sur une autre planète.

Débuts sportifs en Bolivie

Débuts sportifs en Bolivie

Voilà ENFIN la suite de l’Amérique du Sud : La Bolivie.

Après la frontière

Toujours avec Marie et Alex, nous passons la frontière géographique puis après le passage d’un col descendons vers le petit village de Puerto Acosta. Nous pourrons y déjeuner pour à peine plus d’un euro directement dans la cuisine du « restaurant », c’est plutôt atypique.

La vue du Titicaca après la frontière géographique

Nous passons au poste de frontière et de douane pour les formalités d’entrée dans le pays. Les deux autres couples de Français cyclotouristes nous rejoignent, ce qui fait que nous sommes 7 à devoir remplir les papiers. Les douaniers n’ont jamais vu autant de cyclistes passer au même moment, ils nous prennent même en photos.

Nous nous séparons à nouveau car Marie, Alex et moi comptons faire un peu plus de kilomètres que les autres. Sur une route quasi déserte, nous filons rapidement sur nos montures.

Le soir venu et après quelques recherches infructueuses d’un endroit où bivouaquer, nous demandons à un vieux monsieur qui passait par là. Nous pourrons planter nos tentes à côté sur un terrain vide ; et heureusement, car le vent et l’orage ne se font pas attendre.

Le coucher du soleil depuis le bivouac

Le lendemain nous prenons la route de Achacachi, la ville principale du coin. Nous nous fournissons en pain frais et en fruits dans le village d’Escoma avant d’attaquer les quelques montées et les 80 kilomètres de la journée.

Alex et Marie affrontant la côte.

Bien fatigués nous arrivons à Achacachi et nous trouvons un hôtel (Alojamiento ici) d’une propreté très limite. Bon, à 2€ la chambre il ne faut pas demander le luxe, il n’y a d’ailleurs pas de douche.

Vers la capitale

Le lendemain nous reprenons la route, toujours vers le sud. Les chaînes de montagnes enneigées apparaissent peu à peu. Malgré ça, la route est tout de même très monotone et il y a de plus en plus de circulation.

Après une trentaine de kilomètres et au bout du lac, nos chemins se séparent. Je dois me rendre à La Paz pour trouver un bike shop et réparer un de mes rayons de la roue arrière (il faut démonter la cassette pour le remplacer et je n’ai rien pour) ainsi que ma suspension qui semble bloquée. Alex et Marie ne souhaitant pas tenter l’expérience d’entrer dans une capitale à vélo prennent la direction de l’Ouest.
On se quitte en sachant que nous allons nous retrouver bientôt pour pédaler ensemble une partie de la Bolivie.

J’arrive donc à La Paz après pas mal de kilomètres.

La Paz

La page facebook de Alex et Marie : ici