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Catégorie : Canada

Récap’ Canada

Récap’ Canada

Bonjour à tous.

Je n’ai pas écrit depuis de nombreuses semaines car je n’avais tout simplement pas le temps ni accès à internet durant mon trajet à travers les USA. J’ai pris un peu de repos depuis car la route était longue et difficile. Vous allez donc pouvoir suivre en léger différé (dès les prochains jours) mes rencontres et mes longues journées à travers les montagnes Américaines.
Mais avant cela, il faut faire les choses dans l’ordre, voilà donc le dernier jour, le résumé et une petite vidéo de mon passage au Canada.

Dernier jour

Dur dur de quitter ce magnifique parc des lacs Waterton, mais je dois partir car une dure et longue aventure m’attend de l’autre côté de la frontière.

Une longue mais magnifique montée m’amène au poste de frontière. J’explique mon voyage au douanier, il me demande si je transporte de la nourriture et mon passeport. Le riz n’étant apparemment pas un problème, je peux donc entrer aux USA.

Récap Canada

Kilomètres parcourus

    À vélo : 2343
    En train : 2000
    En Bus : 1600

Nombre de nuits

    Dans un aéroport : 1 (La première nuit en arrivant à Québec)
    En camping / camping sauvage : 10 / 11
    En auberge de jeunesse : 13
    En Hôtel : 5
    Chez un hôte : 2, Michel au Québec et Colin en Ontario (Merci encore à eux !)
    Dans le train : 2
    Dans le bus : 1

Même si l’arrivée à l’aéroport n’était pas le meilleur départ j’ai adoré le Canada. Traverser l’océan pour arriver dans un pays aux proportions immenses m’a permis de me rendre compte que je n’avais plus moyen de faire demi-tour. « Ça y est, je le réalise enfin ce voyage. » me disais-je, comme si il fallait que je m’éloigne un peu pour que je prenne conscience de ce qui m’arrive.
Le Québec est un endroit magnifique avec de nombreux parcs nationaux somptueux, je ne m’attendais pas à une région si montagneuse. Malgré les jours de pluie, le voyage à vélo y était très agréable. Je n’oublierai jamais mon arrivée dans Montréal, cette ville a été un véritable coup de cœur pour moi pour son architecture et sa diversité.
J’ai bien aimé l’Ontario, ses lacs et son environnement et il faut avouer qu’un peu de plat c’est sympa par moment. J’ai un peu moins aimé ses bestioles volantes qui m’ont presque fait perdre la boule.
Les prairies ont été un peu trop plates et venteuses à mon goût mais je m’y attendais. Je préfère diversifier les paysages et les régions d’un pays que je visite et puis j’ai bien pu entraîner mes jambes comme ça.
L’Alberta a été le bouquet final : je retrouvais enfin la vue des montagnes et j’ai même eu l’occasion d’en escalader une. Ces lacs au milieu de cette verdure et ces sommets enneigés au loin me manqueront, mais d’autres monts m’attendent aux USA.

Je ne pourrais plus vous dire le nombre de rencontres que j’ai faites, mais je peux vous dire que la rumeur est bien vraie : les Canadiens sont des gens fantastiquement gentils !
Je crois avoir raconté mon histoire presque tous les jours. Je remercie tout le monde avec qui j’ai discuté, tous les gens qui mon aidé, hébergé, payé une bière ou un petit-déj’ … ils et elles se reconnaîtront.

En vert le trajet à vélo, en violet ceux en train, et en bleu foncé celui en bus (désolé les daltoniens).

Vidéo

Au parc des lacs Waterton …

Au parc des lacs Waterton …

Après avoir débarqué du bus, j’attends que le jour se lève et me dirige vers le parc des lacs Waterton au sud de l’Alberta.
Ces pics de montagnes qui s’enchaînent jusqu’à perte de vue me donnent une sensation d’extrême liberté et me permettent de rester éveillé (et oui ça fait plus de 27 heures que je n’ai pas dormi). C’est tellement grisant de voir cet horizon après n’avoir contemplé que du plat pendant les dix derniers jours.

Les Rocheuses

Aujourd’hui je me rends compte que je ne vais plus quitter cette chaîne de montagnes avant d’atteindre Denver dans le Colorado dans plus de deux mois (avec mes jambes comme unique moteur).

J’arrive au parc des lacs Waterton après 70 kilomètres et me couche vers 19 heures pour bien récupérer de cette nuit blanche. Le parc semble magnifique et je compte bien en prendre plein les yeux.

Découverte du parc

Je passe une bonne nuit de repos et visite le petit village la matinée avant de faire un petit tour à vélo pour voir les autres lacs du parc. De belles montées mais ça en vaut la peine :

Cameron Lake
Crandell Lake

Je finis ma journée avec une belle descente vers le village du parc après tout de même 40 kilomètres.
Le soir je rencontre Andrew à la pizzeria du village. Il m’a croisé la veille non loin de là et a reconnu mon vélo. Il me propose de l’accompagner pour sa balade du lendemain ; voulant découvrir les possibilités de randonnée j’accepte avec joie !

LA « randonnée »

Je rejoins le lieu de rendez-vous vers 10 heures après un bon petit-déjeuner pour commencer la journée rando. Andrew m’a prévenu qu’il n’y avait pas de chemin balisé pour atteindre l’objectif : le Mount Crandell.
Il ne nous faut que 20 minutes pour arriver à la fin du sentier prévu pour les marcheurs raisonnables. Après cela, je suis mon coéquipier attentivement qui connait la direction pour grimper ce mont.

La grimpette qui nous attend

Je ne m’attendais pas à cela mais la randonnée à travers les arbres devient rapidement une grimpette physique. Andrew m’apprend que ce type de sport (Scrambling) est à la limite de l’escalade. Il ne faut aucun équipement, ni aucune technique particulière pour arriver à ses fins mais il faut connaître la route et ne pas avoir peur du vide.

La partie délicate passée sans encombre nous continuons sur l’arête pour atteindre le sommet. Les sensations sont là, une chute est sûrement fatale mais je fais très attention au milieu de ce parc splendide. Andrew est comme mon guide et m’apprend plein de choses sur les roches, les montagnes alentours, les techniques à avoir et note le fait que l’on est sûrement les premiers de la saison à gravir Crandell.

On arrive en haut du Mont après 4 heures physiques et nous nous récompensons par une bière et des sandwichs. Hormis au nord-est où le plat des prairies s’étend jusqu’à l’horizon, les pics enneigés et les magnifiques montagnes rocheuses englobent le reste de notre vision.

Nous redescendons rapidement par un pan bien moins périlleux du Mont. Andrew est un runner, je mets donc à contribution mes jambes de cycliste pour égaler son allure.
Nous finissons par de petits sauts de rochers aux abords d’une rivière avant de rejoindre la route et le point d’arrivée. Nous prenons encore un moment pour partager une bière au village et discuter après cette palpitante journée.

Voilà, 6 heures intensives pour la marche la plus folle de ma vie. Merci énormément à toi Andrew, tu es un super guide et je pense que je me souviendrai toute ma vie de cette expérience périlleuse. Je vais maintenant reposer mes cuisses qui ont souffert durant la descente. 😀

Rest day

Je comptais quitter le Canada et passer la frontière aujourd’hui, malheureusement je me réveille bien tard et mes cuisses me font très mal suite aux aventures d’hier. Je décide donc me prendre un jour de repos qui me permet de m’avancer sur le blog et profite encore une dernière journée de ce lac et du Canada.

Repos et préparation à Regina

Repos et préparation à Regina

Je prends le temps de souffler un peu à Regina, d’autant plus que la suite ne s’annonce pas de tout repos.
Je passe au total quatre jours dans l’auberge de jeunesse de cette ville très venteuse (très très venteuse). La ville est sympathique et possède de nombreux parcs. En cherchant un bikeshop pour changer les pneus de ZigZag et trouver une boîte qui lui permettra de prendre le bus jusqu’en Alberta, je trouve Darrell qui tient tout un atelier pour vélos dans sa maison.
Darrell prévoit de faire un tour en vélo de l’Alaska jusqu’à Ushuaïa (départ en Août), il s’intéresse donc à mon voyage et nettoie ZigZag de la chaîne au guidon comme un pro. Nous changeons ses pneus pour quelque chose de plus « muddy » (pour ce qui l’attend aux USA) et l’emballons au mieux dans un carton. Tout ça en deux heures, on chôme pas avec Darrell. Le mieux c’est qu’il me fait tout ça gratuitement !!! Je le remercie encore mille fois pour le travail effectué, je vais pouvoir démarrer la great divide avec un vélo comme neuf.
Je rencontre également Marie-Pier, une québécoise qui vit désormais ici. Je me remets donc à parler Français quelques soirs et nous parlons politique, musique, voyages.
Je participe également à un débat à l’auberge de jeunesse entre un Américain, un Anglais et une Canadienne à propos de la politique de Donald Trump et du réchauffement climatique. Parler Anglais tous les jours n’est plus un problème pour moi, commencer à débattre et à évoquer des idées politiques est un peu plus dur. ^^

Je me réveille à 4 heures du matin un dimanche pour prendre un taxi (avec ZigZag dans sa boîte) jusqu’à la station de bus qui me mènera jusqu’en Alberta, près des montagnes et du parc National des lacs Waterton.
Dans le bus je rencontre Johanna, une française qui a un PVC et part dans les Rocheuses pour cueillir des cerises durant l’été. Elle a voyagé en bus depuis Ottawa (!) mais est toujours d’attaque pour discuter, rigoler, boire une bière (à Calgary pour la correspondance de bus) et jouer. Le voyage en bus semble donc moins long, merci et à bientôt sûrement ;-).

Je descends du bus à Pincher Creek à 3 heures 30 du matin, au nord du parc que je compte visiter. Je remonte ZigZag et ses sacs ; les montagnes ne sont pas loin, je le sens. Je vais jusqu’au camping de cette petite ville mais l’herbe est déjà humide par la rosée. Je décide donc de ne pas dormir et assiste au lever du soleil sur ces magnifiques Rocheuses.

J’attendais tellement de voir ces montagnes après le plat des prairies, je suis désormais comblé et très excité par le fait de les rejoindre dans les prochaines heures.

Cette vue enivrante au petit matin…
Entraînement intensif dans les prairies

Entraînement intensif dans les prairies

Après 37 heures de train, l’envie de pédaler me démangeait ; je me procure un stock de nourriture et déambule dans les rues de Winnipeg avant de prendre la direction de l’Ouest.
Résumé de cette semaine sportive dans les prairies entre Winnipeg et Regina.

1ère après-midi

Je quitte Winnipeg par un trail très sympathique menant dans les bois. Ce n’est pas une surprise, tout est très très plat, pas forcément une mauvaise chose pour avaler les kilomètres. ^^
Je croise plusieurs biches très peu peureuses puis arrive dans les champs pour rencontrer un vent de face très violent.

Sur le Harte trail proche de Winnipeg

Je trace ma route en évitant la Transcanadienne (trop de trafic) et essaye le nord-ouest pour être un peu moins face au vent. La région est très agricole et je ne trouve vraiment pas de bon endroit pour planter ma tente. Plusieurs recherches infructueuses et les champs détrempés au bord de la route me font choisir un coin de forêt qui est malheureusement privée. Personne ne peut me voir et les propriétaires ne semblent vraiment pas être dans la caravane qui est sur le terrain. J’attends un peu avant de monter ma tente à l’abri des regards après 65 kilomètres.

Première nuit où je ne trouve pas de bon spot, je n’ai pas trop le choix, aucun camping ou hôtel dans le coin. 🙁

Jour 2

Un tout petit peu moins de vent aujourd’hui mais le temps est très gris ce matin. J’arrive à Portage la Prairie pour me restaurer après une longue route entourée de champs.

L’après-midi est plus clémente et le paysage plus sympathique.

Le Manitoba c’est plat et c’est tout droit

Je finis la journée après 86 kilomètres dans le petit village de Mac Gregor qui possède un camping municipal. Un panneau indique 12$ la nuit mais il n’y a ni réception ni de boîte pour déposer les sous et je suis le seul sur le terrain. La douche chaude et la fin d’après midi ensoleillé font énormément du bien. Je trouve même une baignoire dans ce petit préfabriqué qui fait office de douches et de toilettes, une baignoire !
J’arrive à faire un feu avec les restes de bois présents dans les foyers et me grille quelques saucisses. Il n’y a pas à dire ça change du camping de la veille.

Jour 3

Aujourd’hui direction Brandon, la dernière ville que je vais rencontrer dans le Manitoba. (faut dire qu’il y en a pas beaucoup ^^)
J’alterne entre les petites routes, les chemins en gravier et quelques kilomètres sur la Transcanadienne. Il y a moins de vent aujourd’hui, j’arrive donc à parcourir 104 bornes jusqu’à Brandon.

Dans un parc de la ville je trouve un abri avec des tables pour me faire à manger puis monte ma tente non loin une fois la nuit tombée.

Jour 4

Je me lève tôt, fais des provisions dans la ville et trace vers le sud pour éviter la Transcanadienne. Ce n’est pas le plus court pour atteindre Regina ni même le Saskatchewan mais je veux éviter le trafic même au prix de centaines de bornes en plus.
Il fait plutôt gris et il n’y a pas grand chose à voir mais je me rapproche de la limite entre le Manitoba et le Saskatchewan. Je trouve un autre camping sans réception dans le petit village de Reston après 122 kilomètres.

Jour 5

Quatre jours de plat et de camping (à l’œil), je suis impatient d’arriver à ma destination Regina. D’après Google Map il me reste un peu plus de 300 kilomètres. Je me lance le défi des les parcourir en deux jours.
Le challenge commence bien par un petit-déj’ dans le seul café ouvert du petit village de Reston. Tous les vieux du village se rencontrent ici pour un café quasiment tous les matins. J’arrive à l’heure de pointe et discute avec eux, ils semblent tous impressionnés par mon voyage. Je suis l’attraction de la matinée à tel point, que l’ex fermier Ron me paye mon petit-déjeuner !
Je continue vers l’Ouest et me rends vite compte que la journée va être dure : les rafales de vent sont très fortes et incessantes. Les quelques forêts présentes au bord de la route coupent un peu le vent, j’arrive donc parfois à dépasser les 15 kilomètres par heure.
Je quitte le Manitoba pour le Saskatchewan où heureusement le vent est un peu plus faible. Je croise un autre cyclotouriste dans l’autre sens, il passe de mon côté de la route pour discuter. Il me dit qu’il vient de Regina et l’on parle respectivement des coins où il est possible de camper. Il a le vent dans le dos mais semble plus chargé que moi. Je reprends ma route alors que ces rafales de vent recommencent.

Je me restaure à Carlyle et passe par le parc provincial de Moose Mountain.

Moose Mountain Provincial Park

Le vent me rend fou, je comptais faire plus de 150 kilomètres pour me rapprocher de Regina, mais je commence à douter sur le fait que ce soit possible. Je fait une pause au Kenosee Lake dans le parc pour voir si le vent compte se calmer en début de soirée. Ce n’est pas le cas, je continue tout de même ma route en épuisant le reste de mes forces face au vent. Je m’arrête au community campground du minuscule village de Kennedy après 142 kilomètres et 8 heures 40 de pédalage.

6ème et dernier jour

Je me lève tôt car malgré la journée d’hier je n’ai pas envie de renoncer à mon objectif. Je divise mentalement ma journée en étapes de vingt ou trente kilomètres (tous les 2-3 villages). Je démarre avec 25 kilomètres avant de pouvoir prendre un petit-dèj’ dans un Tim Hortons bien Canadien.
Il y a beaucoup moins de vent qu’hier et étant dans les temps à la mi journée, je réserve une auberge pour le soir à Regina.
J’avale les kilomètres comme rarement et ne prends donc aucune photo, de toute façon il n’y a pas grand chose à voir.
J’arrive à ma destination après 188 kilomètres et 8 heures 30 de vélo (Record !).

Récap’

Je voulais exercer mes jambes pour la suite du voyage, je pense que c’est réussi. 707 kilomètres en 5 jours et demi, je vais pouvoir me reposer dans la petite ville de Regina. Ça valait le coup et j’ai réussi à ne pas dépenser un seul dollar pour mon hébergement, c’est aussi la première fois que je campe six nuits de suite. Je pourrais dire que j’ai vu et apprécié les prairies Canadiennes et ses vents d’Ouest.

Voilà plus ou moins le chemin que j’ai emprunté :

A bord du Canadian pour gagner Winnipeg

A bord du Canadian pour gagner Winnipeg

Après une longue hésitation, je décide de continuer ma traversée vers l’Ouest. Il y avait bien un itinéraire de dix jours à vélo pour voir la baie des grands lacs nord-américains et l’île Manitoulin mais la fatigue et les bestioles ont eu raison de moi.
Quoi de mieux que le train pour se reposer, voir du paysage tout en continuant la route.

Je prends donc un bus pour Toronto où je passe quelques heures avant de prendre un train pour Winnipeg.

Toronto

L’embarquement dans le Canadian (nom du train qui va de Toronto jusqu’à Vancouver) ressemble à celui d’un avion. Avec un petit supplément, ZigZag est pris en charge tel quel, je n’ai ni besoin de le plier, ni besoin de l’emballer.

Le train part à 22 heures de Toronto pour arriver à Winnipeg 37 heures plus tard.
Il passe par des endroits vraiment très désertiques, les paysages de lacs et de forêts se succèdent à l’infini. Il faut savoir que les trains de marchandises ont la priorité sur les trains de passagers, il s’arrête donc très très souvent.

Dans le train

Le train est confortable bien que je n’ai pas de couchette (triple le prix), il y a de la place pour les jambes et vu qu’il est loin d’être plein, tous les passagers peuvent utiliser deux sièges et ainsi dormir dans des positions étranges.
L’heure change en quittant l’Ontario et l’agent de bord me réveille pour me dire que l’on arrive à Winnipeg dans 20 minutes ! Déjà ?!
Je n’ai plus qu’une envie, remonter en selle et voir les prairies Manitobiennes …

Le parc Algonquin et ses black flies

Le parc Algonquin et ses black flies

Je me dirige donc vers le Nord pour visiter le parc Algonquin, mais une présence nuisible va vite se faire ressentir.

Vers le Parc

J’alterne entre le trail à vélo qui est un peu trop sablonneux pour mes pneus mais en pente très douce, et la route avec un peu de trafic et beaucoup de côtes. Quelque soit mon choix, il fait très chaud. J’atteinds la ville de Bancroft et un camping après une journée éprouvante de 86 kilomètres.

Vers Bancroft

Le nombre de moustiques et les nuées de petites mouches se font de plus en plus ressentir. Pas de problème lorsque je roule mais dès que je m’arrête pour faire une pause ou prendre une photo, ces insectes arrivent très rapidement. La gérante du camping me dit qu’il faut que je sois préparé pour le parc Algonquin car c’est apparemment pire qu’ailleurs.

Algonquin National Park

Le lendemain, j’achète une moustiquaire individuelle pour la tête et entre dans le parc. Les vélos n’ont apparemment pas à payer l’entrée du parc ; enfin c’est ce que me dit la personne responsable à l’entrée, elle a l’air de n’avoir jamais vu un cycliste entrer ici. ^^
Je remarque vite que les nuisibles sont bien présents, il est quasiment impossible de prendre une photo sans que je me fasse piquer par ces minuscules mouches (malgré la moustiquaire). Je porte des vêtements longs mais elles arrivent à s’infiltrer sous le pantalon.

Algonquin National Park

Je me réfugie au centre d’information du parc, me restaure et prends quelques photos de la tourbière.

Une tourbière depuis le centre d’informations

Je me dirige vers le camping du parc et espère qu’un feu éloignera ces horribles minuscules mouches. Le camping est le plus cher que je n’ai jamais vu, pas de prix pour les cyclistes ici par contre. 53 $ pour une nuit et un sac de bois (~ 37 €).
Je monte ma tente et fais vite un feu, mais je n’ai pas la courage de faire à manger en plein milieu de cette nuée. Je mange donc froid et prends mon vélo pour aller faire quelques photos non loin de là.

Pog Lake

A mon retour, je rejoins le site des Canadiens d’à côté qui m’ont proposé une bière un peu plus tôt. Ce sont trois pères Ontariens qui viennent toujours à ce moment-là de l’année. Ils sont là avec près d’une dizaine d’enfants qui jouent sur le site d’à côté. Nous passons une super soirée avec des bières autour d’un beau feu parlant de choses et d’autres. Ils n’ont jamais vu autant de black flies ; les jours de pluie suivis des journées chaudes en sont sûrement la cause. Heureusement, après 23 heures cette sérieuse plaie s’arrête. Merci à vous trois, j’ai passé un très bon moment en votre compagnie.

Je me réveille un peu tard le lendemain sachant très bien ce qui m’attend à l’extérieur de ma tente. Je range mes affaires en un éclair puis prends un trail à vélo d’une dizaine de kilomètres. Très peu de monde sur ce trail, mais je ne me suis pas arrêté pour éviter de me faire dévorer (pas de photo désolé).
Je passe la journée dans le parc en mangeant et en contemplant les canoës sur les lacs à l’abri de tout nuisible.

Le parc est joli, je pense qu’il a un énorme potentiel pour les activités nautiques, mais ces mouches me rendent fou (le prix du camping également xD). Je sors du parc, continue vers l’Ouest et passe la nuit dans un motel.

Huntsville

J’entame la journée avec un petit-déj et quelques dizaines de kilomètres à vélo pour rejoindre Huntsville où un hôte de Warmshowers doit m’accueillir pour la nuit suivante. Heureusement, il n’y a plus ces insectes dans cette sympathique petite ville. Je me repose dans les parcs et laisse ZigZag à une boutique de vélo pour une révision complète (il commençait à faire beaucoup de bruit).
Je suis accueilli par Collin qui travaille depuis peu dans un champ et fait pousser des légumes bio. 🙂
Son père, sa cousine et lui préparent un délicieux repas (beaucoup de légumes, ça change des pâtes) et me donnent des infos sur les routes Ontariennes que je pourrais emprunter à vélo.
Merci pour tout vous êtes des hôtes incroyables !

Lacs et soleil Ontariens

Lacs et soleil Ontariens

Après presque vingt jours au Québec je me devais de me diriger vers l’Ouest. Le Canada c’est grand, et je n’ai vu qu’une seule région. Je quitte donc le Mont Tremblant et arrive rapidement en Ontario.

Vers l’Ontario

Je prends une route assez directe depuis le Mont Tremblant pour gagner Ottawa et ainsi quitter le Canada Francophone. Mais avant cela je passe par le Parc National de Plaisance au bord de la rivière Ottawa.

Parc National de Plaisance

La capitale Canadienne est très sympa à traverser grâce à une jolie piste cyclable.

Ottawa

Je passe donc en Ontario et m’habitue donc à parler Anglais à nouveau. Il n’y a absolument pas de transition, on traverse l’Ottawa River et tout devient Anglophone.
Je continue ma route vers Perth en trouvant une piste en poussière de roche. Le temps reste très humide et les nombreux lacs débordent dans les plaines plates de la région.

Vers Perth

Je plante ma tente dans une forêt proche de Perth après une longue journée de vélo.
Je n’ai plus qu’à attendre un ciel un peu plus clément pour bien profiter de la région que j’ai rejointe en deux jours et 260 kilomètres

De la compagnie et de la pluie

Je me réveille le lendemain matin au son de la pluie ; malheureusement je me rends vite compte que je n’ai pas choisi le meilleur endroit pour camper : je vois une trentaine de silhouettes de limaces sur la toile de ma tente. L’humidité et cette compagnie désagréable m’enlèvent ma motivation, je fais donc une petite grasse matinée avant d’arriver à moitié trempé à Perth.

Je n’ai qu’une envie, trouver un endroit sec. C’est alors que je rencontre Haley, une cycliste Canadienne qui est en train de traverser tout son pays d’Est en Ouest. En selle sur son vélo bien équipé (elle transporte même un ukulélé !) et prête à affronter la pluie, Haley m’informe que son genou lui fait mal depuis quelques temps. On décide de faire une partie de la route ensemble.

On partage les expériences de cyclo voyageur tout en pédalant une petite après-midi sous la pluie qui ne s’arrêtera pas avant le début de soirée. Nous trouvons un camping (gratuit car le staff est déjà parti) avec un abri pour nous sécher et manger.

Haley

Un jolie coucher de soleil nous fait espérer un beau temps pour le lendemain.

Haley m’avait prévenu, l’été arrive aujourd’hui et elle n’a pas tort,  il fait beau et chaud. Malheureusement pour elle, son genou la fait trop souffrir. Elle va donc faire du stop pour aller à l’hôpital le plus proche.
Je continue ma route seul en lui souhaitant un bon rétablissement et en espérant la voir un de ces jours plus à l’Ouest.

J’alterne entre les trails et les petites routes de l’Ontario sous un soleil de plomb.

Je suis le seul qui emprunte ces chemins aux abords des lacs Ontariens. Pas de vent, pas de voiture tout est très calme et reposant seuls les moustiques et les mouches commencent à faire ressentir leurs présences quand je m’arrête pour prendre des photos.

Petite référence

Je passe la nuit dans un B&B à Actinolite, tout petit village qui a vécu un incendie dévastateur il y a plus de cent ans. Comme me l’explique la gérante, seuls l’église et ce B&B ont été épargnés.
Pour le lendemain , je décide de prendre la direction du Parc National d’Algonquin plutôt que d’aller vers Toronto. Plusieurs personnes m’ont dit que c’est une trop grosse ville pour un vélo et qu’il n’y a pas forcément grand chose à voir. De plus, les parcs nationaux m’ont beaucoup plu jusqu’à présent, en voir un Ontarien me paraît donc une bonne idée.

Pti’ train Nord et Mont Tremblant

Pti’ train Nord et Mont Tremblant

Direction le Mont Tremblant

Après cinq jours dans une grosse ville j’avais un énorme besoin de nature ; une fois les patins des freins avant de ZigZag (oui j’ai baptisé mon vélo :D) changés j’ai pris la direction du Nord pour voir un dernier parc naturel Québécois.

La piste cyclable du petit train Nord

Une fois sortis de l’agglomération Montréalaise j’emprunte la piste cyclable du petit train Nord qu’un Québécois de l’auberge m’avait indiquer. Un train passait autrefois par là, il n’en reste aujourd’hui qu’une piste en poussière de roche en pentes très douce. (parfait pour les cyclistes)

Les anciennes gares sont toujours présentes et servent désormais de points de repos avec des toilettes et même parfois du Wifi. Un vrai régal de pédaler en pleine nature loin des voitures.

Une des nombreuses petites gares

Je trouve un coin où camper tout proche de la piste après 92 kilomètres depuis le centre de Montréal.
Rentrer dans la tente sans moustique commence à être un challenge que je relève sans trop de problème.

Magnifique spot pour camper

Je continue ce magnifique chemin le lendemain toujours en direction du Parc du Mont Tremblant.

Je croise un renard, plusieurs biches et de moins en moins de cyclistes. ^^

M’approchant du Mont Tremblant, la pluie ne voulant pas cesser, je décide de passer la nuit en refuge dans une forêt non loin du parc national. Je me réchauffe avec une bonne soupe après plus de 70 kilomètres.

Le refuge pour la nuit

La Parc National du Mont Tremblant

La nuit fut un peu rude dans ce refuge au sol dur. Malgré mon super matelas gonflable, je préfère un sol un peu plus organique. Je prend un petit-déj’ dans le village du Mont Tremblant et parcours la vingtaine de kilomètres qui me sépare du parc.

Mont Tremblant National Park

Il fait gris et j’ai l’impression que la pluie ne s’arrêtera jamais, je réserve un emplacement de camping (9 CAD pour les cyclistes 🙂 ), monte ma tente et m’accorde une sieste l’après-midi.

Ajout d’une petite pub sur le vélo

Le soir venu, la pluie cesse enfin, ce qui me donne l’occasion de prendre quelques photos.

La vue à quelques mètres de ma tente

La nuit j’entends le loup et d’autre cris d’animaux que je n’arrive pas à identifier ; pas d’inquiétude ils sont bien plus loin dans la vallée.