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Catégorie : États-Unis

Fin et récap’ des USA

Fin et récap’ des USA

Derniers jours à Denver

Me voilà à Denver après avoir accompli mon objectif de parcourir la moitié de la Divide. C’est donc avec plaisir que je prends le temps de me reposer dans cette verte et sympathique ville.
Je passe une journée à faire la Peak to Peak Highway qui est jolie mais pas inoubliable, surtout après la Divide.
Néanmoins j’ai bien aimé les villes alentours comme Boulder ou Golden. La ville est très « Bike Friendly » grâce à un réseau de pistes cyclables bien développé comme le Cherry Creek Trail qui traverse tout le centre de Denver.

Denver

Je profite aussi des nombreuses micro-brasseries qui peuplent la ville ; oublions les stéréotypes sur les bières Américaines, celles que proposent ces lieux sont délicieuses.

Le dernier jour, je trouve une imprimerie qui propose la vente de cartons pour emballer des vélos, je m’y rends et emballe Zigzag au mieux. Papier bulle, scotch, je mets également mes sacoches dans ce carton car la compagnie que je prends pour me rendre au Pérou n’accepte qu’un seul bagage en soute.
Je prends un taxi pour aller à l’aéroport avec l’immense et lourd carton, prêt à quitter le continent.

Récap USA

Kilomètres parcourus

    À vélo : 2600
    En camping-car (stop à Yellowstone) : 100
    En voiture : 140

Nombre de nuits

    En camping : 26
    En Hôtel : 13
    Chez un hôte : 10

Voilà, le continent Américain était un sacré challenge rempli de rencontres et de bornes à parcourir tous les jours.
Je suis plutôt fier de moi et pédaler cette Great Divide était vraiment une expérience inoubliable. A tel point que j’ai bien envie de la faire en entier un jour, peut-être. Vous n’imaginez pas la sensation de liberté que c’est de voyager à travers ces chemins forestiers pendant des kilomètres et des kilomètres…

Le plaisir n’aurait pas été le même si je n’avais pas rencontré Kelley, que je salue et que je remercie grandement pour sa compagnie, le soin qu’elle a apporté à mon vélo (et à ma blessure) et tous ses conseils. C’était vraiment des chouettes journées.
Je n’oublie pas également Rainey, Mike et leurs familles. Ils m’ont offert des petits-dèj, une douche et une super compagnie également. J’aurais aimé les revoir à Denver je n’ai malheureusement pas eu le temps, je m’en excuse.
Mais je remercie aussi toutes ces rencontres plus ou moins longues tout le long de cette route, le couple d’Anglais au Glacier national park, les jeunes Américains au concert à Saint Mary, Nick, le couple de Français à Flagg Ranch, Derreck avec qui j’ai partagé un déjeuner sur la Divide, Kirsten, la famille Mentzer pour ce dîner et cette soirée et tous ceux qui se reconnaitront.

Après avoir déjà visité la Californie et New-York, j’ai le sentiment de connaître un peu plus ce pays où les gens sont très sympathiques. Traverser une bonne moitié du nord au sud permet de se rendre un peu plus compte des grands espaces qui le composent, mes mollets se souviendront longtemps de la multitude des vallées et des cols qui s’enchaînent presque infiniment.

Roadmap

Un itinéraire peu précis de mon parcours :

Roadmap USA

L’itinéraire plus précis de la Divide peut se trouver ici : Bikepacking

Vidéo

La voilà, n’hésitez pas à partager, liker, s’abonner. 🙂

A très vite pour les aventures Péruviennes.

Suite et fin au Colorado

Suite et fin au Colorado

L’arrivée au Colorado

Nous passons Aspen Alley et l’on croise des moutons et des cowboys effectuant une transhumance avant de rejoindre le Colorado après quelques kilomètres et une belle descente.

Aspen Alley
Welcome to the colorful Colorado

Le début du Colorado est assez dur : une longue piste caillouteuse pleine de poussière avec quelques ascensions sous un soleil de plomb.
Heureusement la journée s’achève après seulement 53 kilomètres dans ce qui est l’oasis de la Divide :
Un grand ranch au bord de la piste aménagé spécialement pour tout cycliste passant par là. Kirsten l’exploite et propose aux riders des rafraîchissements, des lits, de la nourriture et une machine à laver sur simple donation.
Le ranch se situe environ à mi chemin de la Divide, il est donc très connu par tous les coureurs. Nous passons donc une très agréable soirée à partager nos expériences et nos souffrances de cette fameuse route.

At Brush Mountain Lodge

Vers Steamboat

Nous repartons le lendemain un peu tard (dur de quitter ce paradis) pour une longue ascension dans les montagnes. Les derniers kilomètres se font à pied en poussant le vélo car la pente est bien trop raide !

Une dure montée…
… mais une jolie vue après le col

Mais une fois le col passé une longue descente nous attend vers Steamboat Springs, la grande ville touristique du coin. La forêt est splendide et bien que la piste ne soit pas en très bon état j’ai adoré l’ambiance et la vue de cette descente.

Nous arrivons à Steamboat après 80 kilomètres sans trop savoir où dormir : c’est le week-end et les campings et logements de la ville sont tous pleins ou très chers. Après une recherche infructueuse de terrain plat près d’un sentier avant la ville, je propose à Kelley d’aller boire une bière pour sympathiser avec les locaux et ainsi avoir des informations sur un possible endroit où camper.
Dans le mille (!), on s’arrête à la première microbrasserie que l’on croise et le patron, après avoir échangé quelques phrases, nous propose de planter nos tentes derrière son enseigne ; ils sont sympas dans le Colorado !
Nous faisons donc la fermeture de la brasserie et plantons nos tentes sur un coin d’herbe juste à côté de dizaines de fûts de bières, le pied :P.

Dans la nuit on se fait réveiller deux fois par des arroseurs automatiques qui se déclenchent juste à côté de nos tentes. Plus de bruit que de mal, c’est plutôt cocasse comme situation.

Avant dernier jour sur la Divide

Aujourd’hui nous passons un petit moment dans la chouette ville de Steamboat avant de pédaler les 70 kilomètres qui nous séparent de Lynx Pass. Le temps devient peu à peu nuageux et la route n’est pas des plus inoubliables.

Nous arrivons au camping de Lynx Pass et je cuisine un chili pour fêter notre dernière soirée sur la Divide !

Lynx Pass Campground

Dernier jour sur la Divide

Le frère de Kelley qui habite Denver nous rejoint pour cette dernière journée sur cette route. La vue est splendide et après quelques montées et descentes nous apercevons un élan à quelques dizaines de mètres en contrebas.

A Moose

La journée est belle et la vue très sympathique, nous parcourons les derniers kilomètres sur la Divide pour rejoindre la ville de Kremmling.

Nous nous restaurons, puis le frère de Kelley, Kevin, nous propose de nous emmener en voiture à Denver.
Kelley et moi avions prévu d’aller à Denver par la route et un col (plutôt haut), mais l’opportunité de finir de pédaler le même jour où nous quittons la Divide et l’idée d’enfin nous reposer pour de bon prend le dessus.
Nous acceptons donc sa proposition et nous prenons tous les trois la route de la maison de Kevin avec nos vélos.

Ça y est, c’est la fin de la Divide, Kevin et sa famille m’hébergea une semaine dans sa maison. Je les remercie du fond du cœur, j’ai pu reprendre mes forces après cette longue et dure route.

Great Divide Basin et le Sud du Wyoming

Great Divide Basin et le Sud du Wyoming

Vers Atlantic City

Nous quittons Pindale tôt pour une grosse journée vers le minuscule village d’Atlantic City, dernier point de civilisation avant le No Man’s Land.

La journée est longue sous le soleil de plomb et les arbres se font de plus en plus rares, nous arrivons heureusement à en trouver un pour casser la croûte à l’ombre.

Nous traversons la ville « quasi » fantôme de South Pass City où subsiste encore une ancienne mine d’or.

Les dernières montées semblent interminables, nous arrivons exténués à Atlantic City, un minuscule village d’une cinquantaine d’âmes. Nous tombons directement sur un B&B qui propose des chambres pour cyclistes et randonneurs de passage. Un couple parcourant la Divide à vélo est déjà sur la terrasse en train de discuter avec Bill, le gérant. A 100 $ la chambre c’est un peu cher, mais mieux vaut bien se reposer avant le désert qui nous attend. On nous offre des rafraîchissements pendant que des dizaines de colibris volent autour de la terrasse.

Nous sympathisons avec le couple qui compte faire la même étape que nous le lendemain, puis nous mangeons un bon gros repas dans l’unique restaurant du village.

Great Divide Basin – Jour 1

Nous partons un peu tard mais prêts et déterminés à affronter ce No Man’s Land où l’eau qui tombe ne s’écoule vers aucun océan mais s’évapore. Il subsiste tout de même quelques points d’eau pour les animaux, les marcheurs et les cyclistes.
Je transporte 6 litres d’eau pour être sûr, la journée s’annonce chaude et longue jusqu’à A&M réservoir, un point d’eau et notre point de chute pour la nuit 130 kilomètres plus loin.

Cette étendue aride qui se prolonge à perte de vue et que nous devons traverser à la force de nos mollets est magique. Il fait chaud et il n’y a évidemment aucun arbre, au mieux quelques buissons. On observe de nombreux cervidés détalant à notre approche. Le Continental Divide Trail (CDT) passe également par là, nous croisons donc quelques randonneurs (fous ?).

Après cette longue journée où j’ai consommé plus de 5 litres d’eau, nous arrivons à A&M réservoir et nous plantons nos tentes en compagnie du couple rencontré la veille et d’un autre cycliste.

Great Divide Basin – Jour 2

Aujourd’hui le temps est beaucoup plus menaçant, sur le chemin un câble de vitesse de mon vélo se casse…
Pas de chance, mais j’en ai un de rechange et Kelley le remplace en quelques minutes ! Oui je n’ai jamais fait ça, mais j’apprends 🙂
Nous finissons de traverser le désert en prenant la direction de Rawlins et nous nous faisons bien arroser pour les 30 derniers kilomètres : « It’s a swimming pool in my shoes ! »
On se réfugie dans un dinner pour se sécher avant de se reposer dans un motel. Fini le No Man’s Land, c’était dur mais impressionnant, ça valait le coup (de pédale) !

Rawlins

Le Sud du Wyoming

Nous quittons Rawlins pour nous diriger plein sud et contempler le changement de végétation. En début de journée tout l’environnement est encore très sec mais peu à peu, en grimpant de nombreuses collines, tout devient de plus en plus vert.

On arrive dans la forêt de Medicine Bow après avoir échappé de justesse à un orage très menaçant (mais pas à la pluie), je m’émerveille devant tous les bouleaux qui la composent.

Nous plantons notre tente pour la dernière fois dans le Wyoming dans le camping de Aspen Alley après les 95 kilomètres de cette dure journée.

Yellowstone et les cols du Wyoming

Yellowstone et les cols du Wyoming

Voilà le récap’ rapide de mon passage à Yellowstone avant d’avoir repris la route sur la Divide à travers le Wyoming.

Yellowstone

Nous avons passé trois jours à Yellowstone au milieu de la foule et du trafic qu’attire ce parc mondialement connu.
Bien que les paysages soient splendides et les points d’intérêts géologiques impressionnants, la densité de personnes et de voitures gâche un peu cette réserve unique. De plus, la majorité des routes sont très étroites et donc déconseillées pour les cyclistes.

Norris Geyser Basin

Mais il est tout de même possible de faire de très belles photos. Heureusement que tous les campings possèdent des emplacements pour cyclistes (ou randonneurs), aucun besoin de réserver et le coût est bien moins cher. 😀

Yellowstone Canyon

On devient habitué aux situations orageuses chaque fin d’après midi, on essuie d’ailleurs une belle averse de grêle avec beaucoup de vent à Mammoth Hot Springs.

Nous passons trois jours complets dans le parc, pour se reposer et visiter. Mais hormis le deuxième jour, où nous faisons du stop car la route est trop dangereuse, nous roulons tout de même un peu.

Morning Glory Pool

On se récompense d’avoir traversé le Montana entièrement par de nombreuses glaces et de bons repas. Nous traversons cinq fois la ligne de partage des eaux le dernier jour avant de nous diriger vers le sud pour sortir du parc et reprendre la Divide.

Old Faithful

Le soir, à un camping de Flagg Ranch, je rencontre des français à vélo qui vont vers le nord. Le moment parfait pour s’échanger les bonnes infos sur la suite de nos routes respectives : bons coins pour camper, endroits où manger et surtout la quantité d’eau à emporter pour la traversée de la Divide Basin.

Grand Teton National Park et Togwotee Pass

La traversée du Wyoming passe à côté des Grand Teton : ces trois impressionnants pics qui semblent sortir de terre.
Nous rencontrons un couple très sympa qui nous offre le repas de midi spontanément. Malheureusement, ces pics retiennent bien les nuages aujourd’hui. En reprenant la route nous passons sous une grosse averse, on se réfugie donc quelques temps dans un café avant de reprendre la route vers Togwotee pass.

Grosse pluie imminente

Après une longue grimpette, nous plantons notre tente gratuitement dans un camping à l’abandon à l’arrière du Togwotee pass lodge, une quinzaine de kilomètres avant le col. Je profite du lodge pour me payer un accès au spa avec douche pour 5$. (ça fait trop du bien !)

Le lendemain la journée s’annonce très longue avec deux longs cols à gravir (Togwotee pass et Union pass). Heureusement que le paysage et les montagnes sont magnifiques.

Wind River Lake

La montée vers Union pass est longue mais c’est surtout le dernier kilomètre qui est éprouvant. Il faut pousser nos vélos sur une pente rocailleuse extrêmement raide (je manque de tomber de nombreuses fois). La vue sur des montagnes à 360° en haut vaut néanmoins le coup.

Union pass

Grand Téton au loin

On finit la journée vers 20 heures en campant (quasiment) à la sauvage après une longue journée de 91 kilomètres. La nuit est très froide et j’entends ce qui me semble être des coyotes.

Vers Pindale

Encore une journée de 90 kilomètres mais sans ascension et sur une route bien plus simple qui nous permet de joindre Pindale : dernière ville avant la Great Divide Basin, un No Man’s Land au milieu du Wyoming. On prend donc le temps de faire des réserves de nourritures et d’eau, de boire quelques bières et de se reposer dans un motel.

Vers Pindale

La suite très vite pour la traversée de ce No Man’s Land.

Chute et casse…

Chute et casse…

Butte – Wise River

Départ un peu tard de Butte (normal après la journée d’hier), je pars avec Kelley en direction de Wise River. Nous saluons et remercions ses beaux-parents qui nous ont accueillis, puis commençons une longue montée qui nous amènera à traverser la Divide (ligne de partage des eaux) encore une fois.

A propos des paysages, le Montana est assez surprenant. On dirait un petit mix entre les Vosges et les Alpes, mais avec une alternance entre des vallées sèches et d’autres plus vertes. Le fait de traverser ces montagnes à un rythme lent mais constant permet de profiter un maximum de ces vues. L’expression « l’important ce n’est pas la destination mais le voyage » prend tout son sens.

Divide crossing

Dans une longue descente peu après ce col j’essaye d’aller à la même vitesse que Kelley qui est très rapide grâce à ses gros pneus, son vélo et son expérience en downhill. Malheureusement dans un passage avec de gros cailloux, je perds totalement le contrôle de mon vélo et chute assez violemment à plus de 40 km/h sur ce gravier.
ZigZag est à terre, deux sacs se sont décrochés, mais apparemment mes jambes n’ont rien et je n’ai rien de cassé.
Kelley revient me rejoindre après avoir compris que quelque chose n’allait pas, et me voit les bras en sang. Elle me donne un antidouleur, m’aide grandement à désinfecter le tout, à faire les bandages et checke mon vélo qui a légèrement souffert.

Ça aurait pu être pire, heureusement que je portais mon casque. Je m’en sors avec de profondes blessures aux deux bras et un gros bleu sur ma cuisse gauche.

Aïe !

Malgré la douleur il faut continuer, nous avons perdu une bonne heure avec cette chute et il reste encore beaucoup de chemin avant ce soir. J’entame la deuxième montée de la journée en ayant uniquement en tête la bière et le repas que je pourrai m’offrir ce soir (heureusement que l’antidouleur à bien fonctionné).

Nous pédalons presque trois heures pour atteindre le col du mont Fleecer puis démarrons la descente connue sous le nom de Fleecer Ridge. C’est (je pense) une des pentes les plus raides de la Divide, il est suicidaire de rester en selle avec une telle déclivité. Il faut donc marcher (ou plutôt déraper) avec les freins actionnés en permanence ; et croyez-moi, ça reste un effort.

(Pas de photos de la descente, mais ce sera dans la vidéo)

Fleecer Ridge

On arrive à Wise River peu avant 21 heures, heureusement car c’est l’heure où les cuisines du seul restaurant du village ferment. Nous pourrons d’ailleurs camper à l’arrière de celui-ci pour quelques billets.

Wise River – Bannack State Park

Une unique mais longue montée sur du goudron nous attend aujourd’hui. Nous traversons encore de beaux paysages de montagnes, un parc où l’on peut miner du cristal et des vaches. Une fois le col passé et après une séance douloureuse de changement de bandages, nous apprécions une belle et grande descente vers des environnements plus secs.

Pioneer Mountains Scenic Byway

Vers Banack State Park

Nous passons la nuit au camping de Bannack State Park après tout de même 94 kilomètres.

Bannack State Park – Lima

Aujourd’hui direction Lima, non pas au Pérou mais toujours au Montana. La journée s’annonce tellement longue que je suis vite découragé par l’effort à fournir. Je n’ai toujours pas pris un seul jour de repos depuis le début de cette Divide il y a 11 jours, 830 kilomètres et de trop nombreux cols …

Je décide de prendre donc un petit raccourci pour arriver à Lima : c’est plus court (81 km au lieu de 125), plat et goudronné. Kelley décide de suivre cette route également.
Nous prenons donc le temps de nous reposer et de nous restaurer dans un Motel de cette minuscule ville.

Lima – Lakeview

Une autre journée de ride mais sans la moindre montée cette fois. Ça change, mais le paysage aussi ; nous sommes tout au sud du Montana très proche de l’Idaho et tout est bien trop plat. La silhouette de montagne se voit à peine et c’est pourtant ce que nous devons atteindre.

Too flat : boring…

Après avoir affronté un vent de face assez terrible, le paysage devient un peu plus vert et montagneux, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Vers Lakeview

Le camping de la réserve Red Rock est le point de chute de ce soir. Entre deux orages et malgré la présence de nuées de moustiques, nous apercevons un magnifique coucher de soleil.

Upper Red Rock Lake

Lakeview – Yellowstone Madison Campground

Aujourd’hui nous quittons la Divide pour visiter le Parc de Yellowstone quelques jours. La traversée de beaux paysages qui me font un peu penser à l’Autriche et un petit col, nous permettent de passer en Idaho.

Le vélo est dans le mauvais sens …

Dans la descente après le col, mon porte-bagage se casse d’un côté et freine brusquement ma roue. Je ne chute pas, mais il n’y a pas grand chose à faire : je ne peux plus mettre de sacoche du côté cassé… Je porte donc mon sac à dos et met une sacoche à sa place, sur le dessus.

Je rejoins Kelley qui me devançait dans cette descente. En tant que mécanicienne vélo, elle a plus d’un tour dans son (ses ?) sac(s) et stabilise avec des « zip-ties » mon porte-bagage.
Pas de meilleure solution pour le moment, mais avec le sac sur le dos les heures suivantes ne sont pas des plus plaisantes.

Nous repassons dans le Montana, et après une route très passante, arrivons à West Yellowstone ; ville où j’espère pouvoir remplacer cette casse.
Une glace et un peu d’attente plus tard, nous entrons dans la boutique d’un vieux monsieur qui est spécialisé en vélo et en cerf-volant. Il arrive à changer le porte-bagage malgré le cadre peu conventionnel de ZigZag. J’achète également une nouvelle chaîne sur le conseil de Kelley.
Je peux reprendre la route plus sereinement et sans poids sur le dos ; nous atteignons ainsi le parc de Yellowstone.

La quantité de touristes et donc le trafic se font vite ressentir, la dame de l’entrée du parc nous accueille en nous avertissant : « The most dangerous thing in this park is not grizzlys, is cars »

Yellowstone National Park

[NDLR]Comme vous le savez ce récit date un petit peu. Je peux donc vous dire que la blessure a très bien guéri : je n’ai plus que quelques cicatrices. Les photos de Yellowstone arrivent très vite ! ++[/NDLR]

Ça ride, ça ride…

Ça ride, ça ride…

J’ai profité de Seeley Lake pour changer mon pneu arrière comme m’avait conseillé Kelley. En effet, Darrell ne m’avait pas donné un pneu neuf à Regina ; après quelques centaines de kilomètres de grosses crevasses sont apparues. Par chance, je trouve un pneu allant sur ma roue (le dernier) dans une petite boutique de sport. Je continue avec ma chance en occupant le dernier emplacement de camping libre.

Maintenant la suite de la Divide qui promet beaucoup de dénivelés.

Seeley Lake – Big Nelson Campground

Seeley Lake

En partant du camping je tombe sur Rainey et Mike sortant de leurs chambres de motel. Ils me proposent de prendre une douche, chose que j’accepte très volontiers après 3 nuits passées dans des campings rudimentaires.
Nous prenons le petit-dèj’ ensemble puis faisons les provisions.
Je les invite au repas de ce soir car notre étape est la même, Big Nelson Campground. Ils m’ont déjà offert le petit-déjeuner plusieurs fois, et je compte bien défendre la cuisine française même avec un réchaud !

Ils me disent de ne pas les attendre, je les devance donc un petit peu et profite de la sympathique route jusqu’à Ovando.

Juste avant Ovando un cycliste arrive à mon niveau. Bien plus léger et rapide que moi, il compte parcourir la Divide en entier en une trentaine de jours. Nous partageons tout de même une table pour un déjeuner avant que Mike et Rainey suivis de Kelley (qui a fait des dizaines de kilomètres supplémentaires) nous rejoignent. Bref tout un petit groupe de « gros mollets » qui se retrouvent pour se restaurer et partager cette superbe mais dure expérience.

L’après-midi je pédale avec Kelley pour les trente kilomètres qui nous séparent de Big Nelson Campground.

Je profite du lac qui borde le camping pour piquer une tête avant de commencer à faire à manger. Je prépare des spaghettis aux légumes verts pendant que Mike cueille des myrtilles pour le petit-déjeuner du lendemain.
Je fais même un dessert à base de pommes cuites et d’une tablette de crunch fondu par la chaleur de la journée.

La bande

Big Nelson Campground – Helena National Forest Cabin

Aujourd’hui je ride avec Kelley, elle m’a même convaincu d’essayer de doubler l’étape du jour et donc de passer deux cols pour une distance de plus de 88 kilomètres.

Après le Huckelberry pass et un ravitaillement dans la petite ville de Lincoln nous attaquons une grosse montée sous un ciel menaçant.
L’orage se fait entendre alors que nous poussons nos vélos dans les derniers kilomètres de cette pente raide ; finalement la pluie arrive de l’autre côté du col. Nous essayons de sonner à la porte de Barbara, la propriétaire d’une maison et de son terrain possédant une petite maison en bois qui apparemment accueille chaleureusement les cyclistes de la Divide.
Sans réponse, nous continuons sous la pluie en direction de la ville suivante. Peu avant celle-ci un van s’arrête à notre niveau, son conducteur demande où nous allons. C’est Barbara et ses amis ! Ils nous proposent de mettre nos vélos dans le van pour rejoindre sa maison. Nous acceptons l’invitation et, une fois arrivés, nous nous retrouvons dans la petite maison en bois au beau milieu du terrain que nous avons croisé auparavant. Elle ne possède ni eau courante, ni électricité mais a tout le confort qu’il faut. Il y a plein de provisions, une cuisine au gaz et deux lamas et des chevaux à côté pour nous tenir compagnie.

Nous nous écroulons de fatigue après nous être rassasiés dans ce petit lodge paumé en plein milieu de cette forêt du Montana. Première nuit dans un vrai lit depuis le Canada pour ma part.

Les toilettes

Helena National Forest Cabin – Helena

Un gros repos et un bon petit-dèj sont les règles essentielles pour un départ tardif… Trois montées mais peu de kilomètres nous attendent Kelley et moi pour rejoindre Helena, une des plus grandes villes que la Divide traverse.

Nous croisons beaucoup de marcheurs car le Continental Divide Trail chevauche par moment la Great Divide. Oui, il y a aussi une randonnée qui relie le Canada au Mexique pour les fous qui veulent marcher plus de 4 mois.

Malgré les deux cols et la pluie de la matinée la journée n’est pas très difficile, c’est peut-être les jambes qui commencent à se faire aux montées. Nous arrivons à Helena en milieu d’après-midi. Kelley rejoint ses beaux-parents qui voyagent en caravane dans le coin, je prends pour ma part un motel en ville pour avoir un peu de confort et faire une lessive.

Helena – Butte

Kelley ayant fait une partie de la route en caravane la veille (tricheuse :P), je me dois d’être rapide pour espérer la rejoindre aujourd’hui et ainsi continuer la Divide ensemble.
Trois longues montées et 125 kilomètres m’attendent pour la journée à vélo la plus longue de ma vie !
Je quitte Helena rapidement et me fixe des petits objectifs pour diviser mentalement l’effort.

Tout se passe bien malgré la difficulté jusqu’à ce que je me retrouve sur le pire sentier possible. La Divide passe à travers un sentier qui est dans un état déplorable. Très raide et rocailleux, j’ai l’impression par moment de marcher au milieu d’un torrent à sec. Bref, il me faut deux heures et de nombreuses gouttes de sueur pour traverser ces cinq kilomètres de chaos en poussant Zigzag.

Je me sustente dans un petit restaurant à Grand Basin avant d’attaquer la dernière montée de la journée.
Je continue virages après virages, en comptant chaque kilomètre qui me sépare du col ; je pense que cette journée est l’occasion de voir mes limites. J’arrive finalement à Butte à 22h30 après plus de 9h40 de pédalage intensif. Kelley et ses beaux-parents m’accueillent dans leur caravane et m’offrent le repas. Inutile de préciser la vitesse à laquelle je me suis endormi…

First ride sur la Divide

First ride sur la Divide

Réparation à Whitefish

Après Columbia Falls je fais un détour par Whitefish pour trouver un bike shop et ainsi réparer le frein avant de mon vélo. Je visite cette sympathique petite ville et contemple les paysages montagneux pendant la réparation.

Je retrouve Zigzag et apprends que le frein a été totalement changé. Tant mieux, un frein neuf ne sera pas du luxe pour ce qui m’attend.
Je passe le reste de l’après-midi au camping du lac de Whitefish. Je profite du point d’eau pour faire trempette et porte mon maillot de bain pour la première fois depuis mon départ.

Sur le site partagé du camping je rencontre un randonneur et nous allons discuter toute la soirée de voyage, de la région et des USA. Plus tard, un cyclotouriste nous rejoint, il compte pédaler la going to the sun road le lendemain. Je l’informe de la restriction cycliste opérant en plein milieu de la journée sur certaines portions de la route qui m’a valu d’être arrêté par un ranger du parc la veille.

Je me permets une longue nuit de repos car dès demain, je commence mon chemin vers le sud en empruntant la Great Divide Moutain Bike Route (GDMBR) pour un bon moment.

La Great Divide Moutain Bike Route

Petite présentation de cette magnifique route qui suit la continental divide, cette ligne de partage des eaux entre l’Atlantique et le Pacifique.
Elle commence à Banff au Canada et traverse tout le pays jusqu’à la frontière mexicaine au sud. D’une longueur de 4455 kilomètres avec une élévation positive de 61 kilomètres (équivaut à gravir 7 fois l’Everest), la Great Divide traverse la ligne de partage des eaux une trentaine de fois.
La route emprunte des chemins forestiers, des trails, des sentiers et quelques routes goudronnées (~10%).
Elle est connue comme une des plus dures routes de moutain bike avec des passages très éloignés de la civilisation, de nombreuses montées et des chemins parfois tortueux. Mais elle est également connue pour être une grande aventure en pleine nature avec des paysages magnifiques.

Tous les ans une course est organisée avec de plus en plus de participants, il n’y a aucun trophée et une unique règle : aucun support extérieur (ça change du tour de France). Le record est d’un peu moins de 14 jours, détenu par le défunt Mike Hall.

J’ai entendu parler de cette route depuis un bon moment et c’est un peu elle qui m’a poussé à faire ce voyage en vélo et non à pieds. N’ayant pas une très grande attirance pour la chaleur extrême, j’ai prévu de parcourir la moitié de la Great Divide jusqu’au Colorado et donc d’éviter le Nouveau-Mexique et ses températures.

Si vous voulez en savoir plus je vous conseille ces sites :
http://www.bikepacking.com/routes/great-divide-mountain-bike-route-gdmbr/
https://www.adventurecycling.org/routes-and-maps/adventure-cycling-route-network/great-divide-mountain-bike-route/
http://tourdivide.org/
Il existe même un film sur la course de cette route :
http://www.ridethedividemovie.com/

First day

Je pars donc de Whitefish pour prendre la direction de Bigfork. Première journée très tranquille (heureusement vu la chaleur), un chemin en gravier quasiment plat qui longe les ranchs et les forêts du Montana.

Aujourd’hui c’est la fête nationale américaine, les drapeaux sont donc de sortie et les klaxons se font entendre.
J’arrive au camping de Bigfork après 77 kilomètres et paye une nuit pour hiker/biker. Beaucoup de campings possèdent ce genre d’emplacements qui se partagent entres les cyclistes et les randonneurs de passage. C’est très sympa, ça permet de rencontrer du monde et c’est bien moins cher.
Ce soir je rencontre Rainey, Mike et leurs deux enfants Anna et Mattew. Ils ont prévu pour leurs vacances en famille de pédaler une partie de la Divide. On sympathise très rapidement, étudions les prochaines étapes de la route et nous nous endormons aux sons des fêtards et des feux d’artifices.

Les hauteurs du Montana

Les hauteurs du Montana

Bonjour, bonjour

Le premier article sur les États-Unis est (enfin) là. Je vous préviens que le récit est très en retard par rapport aux faits, mais je vais raconter au mieux cette longue aventure à vélo qui m’a mené jusqu’à Denver. Les articles seront peut-être plus concis (certains jours je ne faisais rien d’autre que pédaler), mais ils sortiront plus régulièrement au fil des prochaines semaines.

Musique et rencontres pour le premier jour

Je passe donc la frontière pour arriver au Montana, et comme on peut le penser, pas grand chose ne change par rapport au Canada. Toujours autant de montagnes et de verdure et ce n’est pas pour me déplaire.

Je passe à côté de Chief Moutain et me restaure au premier petit hameau américain Babb.

Chief Mountain

Le serveur me conseille d’aller à un concert qui se passe le soir même dans la très petite ville de St. Mary ; ça tombe bien, c’est là ou je comptais dormir ce soir. Après quelques heures à pédaler, j’arrive sur place, et j’apprends que tous les campings du coin sont complets.
Je suis donc les petites routes pour repérer un coin où je pourrais monter ma tente ce soir après le concert. Je contemple les hautes montagnes qui m’attendent et me fais à manger avant d’aller au concert.

Près de St. Mary

Je vais donc au bar qui organise le concert sans même savoir le style de musique ou les groupes qui vont jouer. La soirée se déroule très bien, il s’avère qu’il n’y a qu’un seul groupe mais ils vont jouer pendant plus de trois heures. Le groupe 20 Grand propose une savoureuse fusion de funk, rock et hip-hop qui va me donner la pêche toute la nuit. Je discute avec un Écossais, des jeunes Américains qui me donnent plein de conseils sur la région et les endroits à voir le long de ma route. J’apprends que je peux camper à l’arrière du bar comme le groupe pour cette nuit. Je rencontre également Nick, un autre passionné de vélo qui est venu avec le sien uniquement pour ce concert. Après de longues discussions il me propose de pédaler la Going to the Sun Road avec lui le lendemain. Malheureusement, il est déjà 3 heures du matin et je doute que je serai en forme à 7 heures pour gravir le plus haut col jusque là.
Nous plantons nos tentes à l’arrière du bar après avoir discuté avec quelques membres du groupe, puis je m’endors sans aucune difficulté.

Deuxième journée reposante

Nick a réussi à partir très tôt pour pédaler la fameuse Going to the Sun Road. Une route touristique très escarpée qui traverse le Glacier National Park avec un col à plus de 2000 mètres d’altitude. Il faut plusieurs mois aux équipes pour déblayer la neige chaque année car il peut y avoir plusieurs dizaines de mètres de neige accumulés durant l’hiver. Certaines portions de la route sont interdites aux cyclistes entre 11 heures et 16 heures pour raison de « sécurité ».
Préférant prendre mon temps pour cette route, je décide juste de me rapprocher un peu pour aujourd’hui. Bien que les campings soient tous pleins en ce week-end de juillet, j’apprends que certains possèdent des sites partagés sans réservation uniquement pour cyclistes et randonneurs à 5 dollars la nuit. Je m’arrête donc au Rising Sun campground et rencontre un couple de cyclotouristes et plusieurs marcheurs.

Glacier National Park

Le soir même dans le camping, j’assiste à une micro conférence en plein air sur le réchauffement climatique et l’implication du parc national Glacier.

Je me couche bien plus tôt que la veille car le lendemain, je veux partir tôt.

Going-To-The-Sun Road

Je me réveille à 4 heures du mat’ pour partir avant 5 heures histoire d’éviter le trafic (et l’interdiction aux cyclistes après 11 heures) sur cette route très populaire.
Comme prévu, il y a très peu de voitures. Je me régale donc à gravir ces 700 mètres de dénivelés jusqu’au col. Un élan (ou un caribou ?) fait même son apparition devant moi pour courir quelques centaines de mètres sur le bitume.

La montée, bien que physique, est sensationnelle. Les hauts pics enneigés sont tout proches et toute la vallée offre une vue époustouflante depuis le col.

Going-to-the-Sun Road

Content d’arriver au col, je décide de faire une bonne marche qui sera exclusivement sur la neige. Je vois même un vieux monsieur qui a apporté ses skis de randonnée !

J’attaque donc la descente prudemment car en plus d’être splendide, elle est très raide. J’ai également oublié de vous mentionner que le frein avant de ZigZag ne marche plus très bien depuis quelques jours ; il reste dans sa position même une fois que je le relâche. J’utilise donc un maximum le frein arrière et je laisse l’avant opérer en continu pour les parties les plus raides.

Environ cinq kilomètres avant la fin de la route je croise une voiture d’un ranger du parc. Peu après il me dépasse avec ses gyrophares. Je sais à ce moment là que c’est pour moi, il est 11 heures 20 j’ai donc dépassé l’interdiction aux cyclistes de rouler de 20 minutes.
J’explique au ranger que je me suis levé très tôt pour cette route et que je ne voulais pas gâcher le reste de ma journée pour quelques minutes de retard. Il est heureusement compréhensif et me demande de rouler les derniers kilomètres le plus vite possible. J’ai tout de même droit à un avertissement : cela est dangereux car la route ne possède pas toujours des accotements. Il est vrai que la route est parfois étroite et qu’il y a énormément de trafic (surtout dans le sens inverse) mais je trouve ça très hypocrite de la part du parc. La veille j’ai assisté à la conférence sur le réchauffement climatique présentée par une collègue de ce ranger. Ce n’est pas en interdisant les vélos que quelque chose va s’améliorer de ce côté là. De plus, me demander de rouler le plus vite possible n’est pas forcément un gage de sécurité.

Bref, je continue la route jusqu’au Lac McDonald qui me mène à la sortie du parc national.

Lac McDonald

Je profite de mon après-midi pour faire une lessive dans la petite ville de Columbia Falls puis plante ma tente dans le parc de la ville une fois la nuit tombée.