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Nouvelle-Zélande : Monts et Mer veillent

Nouvelle-Zélande : Monts et Mer veillent

Bonjour bonjour,
Voilà, mon périple est terminé et je suis déjà de retour dans les Contrées Alsaciennes. Je peux désormais vous résumer mes aventures néozélandaises et vous dévoiler les superbes paysages sauvages de l’île du sud.

Préparatifs et premiers kilomètres

J’arrive à Christchurch après un saut dans le temps à travers les divers transits. C’est simple, je prends l’avion samedi à San José, j’arrive mardi matin en Nouvelle-Zélande (La ligne de changement de date aidant).
Je me laisse 2 jours de repos, de visite et de réparation de ZigZag (la cassette et la chaîne avaient bien rouillé au Costa Rica) tout en planifiant mon futur itinéraire. Je suis accueilli par Leisa une Néo-Zélandaise utilisant Warmshower. Super elle me montre tous les guides de l’île avec tous les trails possibles !!!
Je démarre pour attaquer au plus vite les montagnes : direction Arthur’s pass.

Castle Hill

Ça grimpe, plusieurs semaines que je n’ai pas fait de longs dénivelés, je le sens tout de suite. Je monte donc au col en 2 jours et 170 km ; en chemin je passe par Cave Stram Reserve : une petite source qui passe sous une montagne qu’il est possible de remonter d’un bout à l’autre sur quelques centaines de mètres. Équipé d’une frontale il est possible de le faire sans aucun guide à condition d’accepter d’avoir de l’eau jusqu’à la taille. C’est en fait une sacrée cascade que je remonte avec une famille m’indiquant le chemin. Une première expérience enivrante totalement gratuite (vous en verrez plus dans la vidéo).

L’entrée de la cave = la sortie de la source

Je reprends la route vers le col et l’atteins après 1000m de dénivelés. Je profite de ma première descente au milieu des montagnes néo-zélandaises.

Vallée avant Arthur’s pass
Arthur’s pass

Au détour d’une piste je passe un pont et découvre une petite rivière ayant une eau éclatante. Ni une, ni deux, je me rafraîchis dans cette superbe rivière apparemment inconnue de tous. Bien qu’elle soit un peu froide, c’est l’eau la plus claire dans laquelle je me suis baigné jusqu’à présent.

eh non, ce n’est pas une piscine

Je continue ma route, frais, prêt à découvrir ce que me réserve la côte ouest.

Le soir je me rends à un camping et rencontre un couple de Français voyageant en van. On passe la soirée ensemble en partageant des expériences de voyages autour d’un super plat [Merci encore Jenny & Baba c’était une super soirée].
Le lendemain matin on aperçoit un chercheur d’or dans la rivière proche du camping. Nous discutons un peu avec lui et apprenons un peu de ces techniques et de sa vie. Je continue mon chemin sur le West Wilderness Trail : un parcours à vélo à travers la luxuriante nature de la côte ouest. Ce trail est juste extra !! Une végétation dense se mêle aux montagnes et aux rivières environnantes et nous [un américain à vélo rencontré quelques kilomètres auparavant et moi] passons sur un petit sentier en se forçant à ne pas faire de photos tous les kilomètres.

West Wilderness Trail

On s’arrête en chemin dans un ranch réaménagé en restaurant pour cyclistes et nous enchaînons la fin du trail dans des sentiers très fun à rouler : de petits virages longeant un minuscule canal descendant la montagne (créé pour les mines d’or de l’époque), ou encore de petits sentiers où l’inertie suffit pour rouler sans forcer. Ce trail est parfait 😀
En fin d’après-midi, après une belle journée de 80km, je quitte mon co-cycliste à la petite ville d’Okitika au bord de l’océan. En effet, ce soir j’ai prévu de dormir chez un hôte warmshower. Il m’accueille chaleureusement ainsi que deux autres cyclotouristes suédois. Eux, ont parcouru quasiment toute l’Europe de l’est, une partie du Moyen-Orient, l’Asie du sud-est et l’Indonésie à vélo. On discute donc voyages à vélo toute la soirée. Kévin, l’hôte, nous raconte qu’il voyage désormais comme ça : en recevant et partageant des histoires avec d’autres cyclistes.

Le lendemain, je dois dire au-revoir à ces sympathiques voyageurs qui vont justement rouler sur le trail que j’ai parcouru hier. On échange quelques indications et contacts et je remarque que le porte-bagage de Zig-Zag n’est plus droit. Une vis a dû se casser hier… Je perds donc une grosse demi-journée à le réparer et surtout à trouver la vis qu’il me faut.
Je quitte la ville à 15h, direction le nord le long de la côte.

Après Oktitika

La côte est très sauvage mais il commence à y avoir beaucoup de vent, je repère un camping pas cher que je pourrai atteindre avant la tombée de la nuit. Je rentre un peu plus dans les terres au niveau de Greymouth.

Une bonne nuit de sommeil et un bon repas pour attaquer encore une grosse portion jusqu’à la côte nord de l’île du sud. Les paysages et les vallées traversés sont, là encore, à la hauteur de la réputation du pays.

Le Rainbow Trail que je comptais emprunter pour faire une boucle et revenir à Christchurch est malheureusement fermé à cause des conditions météo. Mon pote Flo qui va m’accompagner à travers l’île du Sud pour une semaine et demi arrive dans quelques jours et je dois le retrouver là-bas.
Je décide donc d’aller vers Nelson et de là-bas, prendre un bus pour redescendre sur Christchurch. Il me faut 4 jours de vélo, qui se transforment en 5 à cause d’une journée de pluie torrentielle, pour atteindre Nelson.

Vers Nelson

J’ai la chance d’arriver à acheter la dernière place d’un bus me permettant d’arriver quasiment au même moment que mon pote à Christchurch. En chemin le bus s’arrête à Kaikoura. Je vous laisse admirer :

Kaikoura

J’aurais adoré pédaler le long de cette côte mais il faut faire un choix, l’île du sud est très grande, je me rends compte qu’il faudrait plusieurs mois à vélo pour vraiment voir toute la diversité qu’offre le pays.
J’ai hâte de rouler avec Florian, les prochains jours s’annoncent magnifiques…

Down the Road

Down the Road

Étant donné mon retard énorme entre mes aventures présentes et mon récit sur ce blog, j’ai décidé de faire un petit résumé de mon passage au Chili pour ne pas l’accumuler.

Chill au Chili

Nous voilà au Chili mais avant d’atteindre la première petite ville (San Pedro de Atacama), la plus vertigineuse descente de nos vies nous attend : 2000 mètres de dénivelé négatif sur un peu plus de 40 kilomètres … Bref, une sacrée descente que l’on engloutit en un peu plus d’une heure.

Le Licancabur avant la vertigineuse descente

Arrivés à San Pedro nous nous reposons plusieurs jours pour reprendre des forces après nos aventures boliviennes. On en profite pour faire le plein de fruits et légumes et se préparer de supers petits plats. Pour dire simplement, une petite semaine de vacances sans trop de kilomètres.

San Pedro de Atacama

Ce n’est qu’un au-revoir

C’est à ce moment que je quitte Alex et Marie qui continuent leurs routes vers l’Argentine. Bien d’autres épreuves les attendent jusqu’en Patagonie, à commencer par 2000m de dénivelés positifs. On s’encourage et on se dit à la prochaine… en France. ^^
Pour ma part, je dois aller plein sud car j’ai un vol à Santiago dans moins de 15 jours. Je passe par la vallée de la Lune près de San Pedro pour contempler les déserts, l’impressionnante chaîne de montagnes au loin et une grotte de sel parfaitement fantastique.

Après un jour et demi de pédalage (et 1000m de dénivelé positif) j’atteins Calama où je prends un bus pour m’avancer vers le sud.

Cactus sous les étoiles

J’arrive à La Serena qui est une station balnéaire 500 km au nord de Santiago. L’ambiance est détendue dans cette ville plutôt grande. Je me permets quelques jours de repos supplémentaire au bord du Pacifique avant de reprendre le vélo.

Je pars donc vers l’intérieur des terres pour suivre la route des étoiles ! Connue pour les nombreux observatoires et les hautes montagnes loin de toute pollution lumineuse, cette route devient rapidement une piste et passe à travers de nombreuses vallées.

Les montagnes sont très sèches mais les Chiliens ont des techniques de captation de l’eau dans des bassins qui leur permet d’en avoir toute l’année dans les vallées. Le contraste entre le haut des monts plein de cactus et les vertes vallées est frappant.

Je campe plusieurs fois en hauteur et la chaleur de la nuit me permet de ne pas mettre ma toile de tente et donc de contempler de magnifiques ciels étoilés allongé sur mon matelas.

La nuit était parfaite

Peu à peu le paysage devient un peu plus vert, j’enchaîne différentes pistes empruntées uniquement par quelques chèvres. De longues montées et des descentes très agréables se succèdent.

J’arrive à une petite ville quelque part au nord de Santiago, je décide de prendre un bus pour éviter la circulation à l’entrée de la capitale.

Je viens du fin fond de cette vallée

Je n’ai plus qu’à visiter la ville et trouver un carton pour Zigzag. Mon vol vers le Costa Rica est pour bientôt.

Vidéo

Courte vidéo car, comme la dernière, une de mes cartes SD a lâché. Cela donne cependant un aperçu de la partie nord de ce pays.

Étant en retard sur mon planning, je n’ai pas pu voir la partie sud du pays. Il faut dire que la forme du pays n’aide pas. ^^
Je reviendrai donc à ne pas douter pour explorer un peu plus ces paysages et tout les environnements différents qu’il peut offrir.

Du sel, du sel et encore du sel

Du sel, du sel et encore du sel

Après de nombreux jours à La Paz pour réparer mon vélo et me remettre d’une intoxication alimentaire (apparemment quasiment inévitable en Bolivie), je reprends la route vers le sud-ouest de la Bolivie.
Plusieurs centaines de kilomètres de routes pas très excitantes me permettent d’arriver à Sabbaya, un petit village proche du Salar de Coipasa.

Retrouvailles en milieu salin

Je commence a rouler, prêt à traverser le salar de Coipasa. Il y a des pistes un peu partout qui vont dans tous les sens possibles. J’en choisis une qui trace au milieu. Je dois retrouver Alex et Marie dans les environs, mais il n’y a évidemment aucun réseau ici.

Sel et terre mélangés au début du salar

L’immense étendue de sel est plutôt simple à rouler (bah oui c’est plat) mais sur certains passages, le sel est humide, des projections de sels blanchissent Zigzag et mes sacoches.

Je m’arrête au petit village de Coipasa qui se trouve sur une île du salar pour prendre quelques provisions dans l’unique minuscule épicerie. La gérante me dit que deux Français à vélo sont passés il y a une demi-heure : pas de doute ça doit être Alex et Marie.

Je reprends ma route au plus vite pour les rattraper.

Les distances sont très difficiles à interpréter tellement ce désert est plat, mais après peu de temps je vois deux silhouettes au loin. Bien qu’il est impossible de déterminer si ces silhouettes sont des voitures, des vélos ou quoi que ce soit d’autre, je décide de me diriger vers elles.

Bingo, après quelques kilomètres je retrouve Alex et Marie qui se sont arrêtés pour faire une pause avec deux autres Allemands à vélo ; ils viennent de se croiser. Nadja et Julian, eux, remontent vers le nord, ils transportent tout leur matériel d’escalade ainsi que des voiles pour faire du parapente (et oui tout ça sur leurs vélos !), ils sont donc plutôt chargés et sont très sympathiques (leur blog). C’est plutôt magique de se retrouver nous cinq au milieu de ce paysage, ça mérite donc bien une photo souvenir.

On se sépare pour poursuivre nos chemins respectifs. Le plat et la circulation inexistante du salar sont parfaits pour discuter tout en roulant avec Alex et Marie. La montagne devant nous se rapproche très très doucement malgré notre vitesse, mais après plusieurs dizaines de kilomètres nous sortons enfin du salar.

La sortie du Salar de Coipasa

Nous campons le soir même non loin d’une piste déserte proche du village de Luca et essayons de débarrasser les vélos des blocs de sel accumulés par endroits.

Vers encore plus de sel

Le lendemain nous partons vers la direction du salar suivant : celui de Uyuni. C’est le plus grand désert de sel de Bolivie et le deuxième plus grand au monde. Mais avant, il nous faut tout de même passer deux cols et une soixantaine de kilomètres.

Piste un peu ensablée
Le salar de Coipasa d’un côté du col…
… et celui de Uyuni de l’autre côté

Une fois le premier col passé nous nous arrêtons à Salinas pour manger et nous réapprovisionner en fruits, légumes, boissons …
L’après-midi on continue notre route autour du volcan Tunupa qui est surprenant de couleurs.

Volcan Tunupa

Mais vous avez vu ces couleurs !
Vue depuis le bivouac

Après le deuxième col passé nous voyons enfin le salar de Uyuni dans toute sa splendeur. Nous bivouaquons au bord de la piste et admirons le soleil se coucher sur cette immensité de sel.

La traversée

Aujourd’hui le plan est simple (et plat), nous avons juste à traverser la moitié du salar jusqu’à l’île d’Incahuasi, surnommée aussi l’île aux cactus.
L’entrée sur cette étendue blanche est tout simplement incroyable, on se croirait vraiment sur un autre monde. On se prépare chacun une bande-son adéquate car les 35 prochains kilomètres vont être dantesques mais redondants (personnellement ce sera une compil’ de Pink Floyd).

Enter the Salar
Le point noir à gauche des montagnes c’est l’île que l’on doit atteindre

Tous les théoriciens de la terre plate peuvent venir ici pour se faire une idée par eux-mêmes. La veille en hauteur nous avons très bien vu l’île au centre du désert ; une fois à son entrée (et donc à niveau), il est impossible de la voir. Un petit point noir apparaît et commence à grossir seulement après plusieurs kilomètres.

Nous arrivons très vite à notre destination, il faut dire que le trajet était vraiment simple, c’était comme rouler sur du bitume. Heureusement pour nos vélos, ce salar était totalement sec.

Nous nous reposons et prenons un bon repas (du lama !) au restaurant de l’île. Il n’y a que quelques familles qui vivent ici, mais des touristes venant en 4×4 avec des tours organisés viennent en permanence.
Nous rencontrons un Espagnol qui voyage aussi à vélo et marquons un mot dans le livre d’or réservé aux cyclistes. On remarque que le nombre de Français à vélo passant par là est plutôt important.
Le soleil commence à se coucher, des habitants nous indiquent là ou l’on peut monter nos tentes et insistent sur le fait que l’on peut s’abriter dans une des maisons si la nuit est trop froide. Ils sont vraiment super gentils avec nous.

Le vent commence à être bien fort. Nous serons les seuls touristes cette nuit à dormir sur l’île, au milieu des cactus, des rochers et de cet immense désert blanc.
Tard dans la nuit, une fois la lune couchée, je sors la tête de ma tente pour admirer le ciel étoilé… je suis vraiment sur une autre planète.

Débuts sportifs en Bolivie

Débuts sportifs en Bolivie

Voilà ENFIN la suite de l’Amérique du Sud : La Bolivie.

Après la frontière

Toujours avec Marie et Alex, nous passons la frontière géographique puis après le passage d’un col descendons vers le petit village de Puerto Acosta. Nous pourrons y déjeuner pour à peine plus d’un euro directement dans la cuisine du « restaurant », c’est plutôt atypique.

La vue du Titicaca après la frontière géographique

Nous passons au poste de frontière et de douane pour les formalités d’entrée dans le pays. Les deux autres couples de Français cyclotouristes nous rejoignent, ce qui fait que nous sommes 7 à devoir remplir les papiers. Les douaniers n’ont jamais vu autant de cyclistes passer au même moment, ils nous prennent même en photos.

Nous nous séparons à nouveau car Marie, Alex et moi comptons faire un peu plus de kilomètres que les autres. Sur une route quasi déserte, nous filons rapidement sur nos montures.

Le soir venu et après quelques recherches infructueuses d’un endroit où bivouaquer, nous demandons à un vieux monsieur qui passait par là. Nous pourrons planter nos tentes à côté sur un terrain vide ; et heureusement, car le vent et l’orage ne se font pas attendre.

Le coucher du soleil depuis le bivouac

Le lendemain nous prenons la route de Achacachi, la ville principale du coin. Nous nous fournissons en pain frais et en fruits dans le village d’Escoma avant d’attaquer les quelques montées et les 80 kilomètres de la journée.

Alex et Marie affrontant la côte.

Bien fatigués nous arrivons à Achacachi et nous trouvons un hôtel (Alojamiento ici) d’une propreté très limite. Bon, à 2€ la chambre il ne faut pas demander le luxe, il n’y a d’ailleurs pas de douche.

Vers la capitale

Le lendemain nous reprenons la route, toujours vers le sud. Les chaînes de montagnes enneigées apparaissent peu à peu. Malgré ça, la route est tout de même très monotone et il y a de plus en plus de circulation.

Après une trentaine de kilomètres et au bout du lac, nos chemins se séparent. Je dois me rendre à La Paz pour trouver un bike shop et réparer un de mes rayons de la roue arrière (il faut démonter la cassette pour le remplacer et je n’ai rien pour) ainsi que ma suspension qui semble bloquée. Alex et Marie ne souhaitant pas tenter l’expérience d’entrer dans une capitale à vélo prennent la direction de l’Ouest.
On se quitte en sachant que nous allons nous retrouver bientôt pour pédaler ensemble une partie de la Bolivie.

J’arrive donc à La Paz après pas mal de kilomètres.

La Paz

La page facebook de Alex et Marie : ici

Récap’ et vidéo du Pérou

Récap’ et vidéo du Pérou

Voilà, il est temps de faire un petit récap’ de mon passage au Pérou.

Récap Pérou

Kilomètres parcourus

    À vélo : 540
    En bus : ~ 1900
    En taxi : ~ 250

Le Pérou a été une super expérience très riche en découvertes pour moi. C’est la première fois que je me rends en Amérique du Sud et je ne parle vraiment pas très bien espagnol (je me suis amélioré depuis), le dépaysement a donc été total dès mon arrivée.
Je remercie Guigui qui m’a rejoint pour deux semaines, c’était vraiment très sympa et j’ai enfin pu parler français. Je remercie aussi tout le groupe avec qui j’ai fait le trek du Salkantay, l’ambiance était super.

Le Pérou possède une culture très riche, il suffit de marcher un petit peu pour s’en rendre compte. Néanmoins, au vu du nombre de choses à voir et de la grandeur du pays, je me suis concentré sur sa nature et ses montagnes. C’est pourquoi, hormis le Machu Picchu et quelques édifices par endroits, j’ai fait l’impasse sur la vallée sacrée, ou les Chavín de Huántar. Je n’ai pas non plus eu le temps de voir la montagne multicolore, le canyon de Colcan, les lignes de Nazca… Le pays est de toute façon trop grand et trop riche, je ne pense pas qu’il y a moyen de s’ennuyer. Malgré ça j’en ai pris plein la vue avec ces montagnes enneigées, ces arbres gigantesques, cette nature luxuriante par endroit et très sèche à d’autres…
Sa hauteur et sa diversité des paysages en font un pays vraiment splendide et je ne parlerai pas des eaux bleues intenses du lac Titicaca.

Ce qui va me manquer :

    La vue des montagnes blanches
    L’accueil chaleureux des Péruviens
    Les jus de fruit frais pressés devant toi pour une somme ridicule
    Les marchés : leurs ambiances et leurs choix de produits (bio ?)
    Les ceviche
Ceviche

Ce qui ne va pas me manquer :

    La circulation de Lima
    Les toilettes parfois insalubres
    Les quantités de déchets au bord de certaines routes
    Tous les chiens qui poursuivent les cyclistes

 

Voilà il est temps pour moi d’explorer un peu plus l’Amérique du Sud, en espérant revenir un jour pour visiter tout ce que j’ai raté.

Frontière géographique

Vidéo

La voilà en temps et en heure :

Fin et récap’ des USA

Fin et récap’ des USA

Derniers jours à Denver

Me voilà à Denver après avoir accompli mon objectif de parcourir la moitié de la Divide. C’est donc avec plaisir que je prends le temps de me reposer dans cette verte et sympathique ville.
Je passe une journée à faire la Peak to Peak Highway qui est jolie mais pas inoubliable, surtout après la Divide.
Néanmoins j’ai bien aimé les villes alentours comme Boulder ou Golden. La ville est très « Bike Friendly » grâce à un réseau de pistes cyclables bien développé comme le Cherry Creek Trail qui traverse tout le centre de Denver.

Denver

Je profite aussi des nombreuses micro-brasseries qui peuplent la ville ; oublions les stéréotypes sur les bières Américaines, celles que proposent ces lieux sont délicieuses.

Le dernier jour, je trouve une imprimerie qui propose la vente de cartons pour emballer des vélos, je m’y rends et emballe Zigzag au mieux. Papier bulle, scotch, je mets également mes sacoches dans ce carton car la compagnie que je prends pour me rendre au Pérou n’accepte qu’un seul bagage en soute.
Je prends un taxi pour aller à l’aéroport avec l’immense et lourd carton, prêt à quitter le continent.

Récap USA

Kilomètres parcourus

    À vélo : 2600
    En camping-car (stop à Yellowstone) : 100
    En voiture : 140

Nombre de nuits

    En camping : 26
    En Hôtel : 13
    Chez un hôte : 10

Voilà, le continent Américain était un sacré challenge rempli de rencontres et de bornes à parcourir tous les jours.
Je suis plutôt fier de moi et pédaler cette Great Divide était vraiment une expérience inoubliable. A tel point que j’ai bien envie de la faire en entier un jour, peut-être. Vous n’imaginez pas la sensation de liberté que c’est de voyager à travers ces chemins forestiers pendant des kilomètres et des kilomètres…

Le plaisir n’aurait pas été le même si je n’avais pas rencontré Kelley, que je salue et que je remercie grandement pour sa compagnie, le soin qu’elle a apporté à mon vélo (et à ma blessure) et tous ses conseils. C’était vraiment des chouettes journées.
Je n’oublie pas également Rainey, Mike et leurs familles. Ils m’ont offert des petits-dèj, une douche et une super compagnie également. J’aurais aimé les revoir à Denver je n’ai malheureusement pas eu le temps, je m’en excuse.
Mais je remercie aussi toutes ces rencontres plus ou moins longues tout le long de cette route, le couple d’Anglais au Glacier national park, les jeunes Américains au concert à Saint Mary, Nick, le couple de Français à Flagg Ranch, Derreck avec qui j’ai partagé un déjeuner sur la Divide, Kirsten, la famille Mentzer pour ce dîner et cette soirée et tous ceux qui se reconnaitront.

Après avoir déjà visité la Californie et New-York, j’ai le sentiment de connaître un peu plus ce pays où les gens sont très sympathiques. Traverser une bonne moitié du nord au sud permet de se rendre un peu plus compte des grands espaces qui le composent, mes mollets se souviendront longtemps de la multitude des vallées et des cols qui s’enchaînent presque infiniment.

Roadmap

Un itinéraire peu précis de mon parcours :

Roadmap USA

L’itinéraire plus précis de la Divide peut se trouver ici : Bikepacking

Vidéo

La voilà, n’hésitez pas à partager, liker, s’abonner. 🙂

A très vite pour les aventures Péruviennes.

Ça ride, ça ride…

Ça ride, ça ride…

J’ai profité de Seeley Lake pour changer mon pneu arrière comme m’avait conseillé Kelley. En effet, Darrell ne m’avait pas donné un pneu neuf à Regina ; après quelques centaines de kilomètres de grosses crevasses sont apparues. Par chance, je trouve un pneu allant sur ma roue (le dernier) dans une petite boutique de sport. Je continue avec ma chance en occupant le dernier emplacement de camping libre.

Maintenant la suite de la Divide qui promet beaucoup de dénivelés.

Seeley Lake – Big Nelson Campground

Seeley Lake

En partant du camping je tombe sur Rainey et Mike sortant de leurs chambres de motel. Ils me proposent de prendre une douche, chose que j’accepte très volontiers après 3 nuits passées dans des campings rudimentaires.
Nous prenons le petit-dèj’ ensemble puis faisons les provisions.
Je les invite au repas de ce soir car notre étape est la même, Big Nelson Campground. Ils m’ont déjà offert le petit-déjeuner plusieurs fois, et je compte bien défendre la cuisine française même avec un réchaud !

Ils me disent de ne pas les attendre, je les devance donc un petit peu et profite de la sympathique route jusqu’à Ovando.

Juste avant Ovando un cycliste arrive à mon niveau. Bien plus léger et rapide que moi, il compte parcourir la Divide en entier en une trentaine de jours. Nous partageons tout de même une table pour un déjeuner avant que Mike et Rainey suivis de Kelley (qui a fait des dizaines de kilomètres supplémentaires) nous rejoignent. Bref tout un petit groupe de « gros mollets » qui se retrouvent pour se restaurer et partager cette superbe mais dure expérience.

L’après-midi je pédale avec Kelley pour les trente kilomètres qui nous séparent de Big Nelson Campground.

Je profite du lac qui borde le camping pour piquer une tête avant de commencer à faire à manger. Je prépare des spaghettis aux légumes verts pendant que Mike cueille des myrtilles pour le petit-déjeuner du lendemain.
Je fais même un dessert à base de pommes cuites et d’une tablette de crunch fondu par la chaleur de la journée.

La bande

Big Nelson Campground – Helena National Forest Cabin

Aujourd’hui je ride avec Kelley, elle m’a même convaincu d’essayer de doubler l’étape du jour et donc de passer deux cols pour une distance de plus de 88 kilomètres.

Après le Huckelberry pass et un ravitaillement dans la petite ville de Lincoln nous attaquons une grosse montée sous un ciel menaçant.
L’orage se fait entendre alors que nous poussons nos vélos dans les derniers kilomètres de cette pente raide ; finalement la pluie arrive de l’autre côté du col. Nous essayons de sonner à la porte de Barbara, la propriétaire d’une maison et de son terrain possédant une petite maison en bois qui apparemment accueille chaleureusement les cyclistes de la Divide.
Sans réponse, nous continuons sous la pluie en direction de la ville suivante. Peu avant celle-ci un van s’arrête à notre niveau, son conducteur demande où nous allons. C’est Barbara et ses amis ! Ils nous proposent de mettre nos vélos dans le van pour rejoindre sa maison. Nous acceptons l’invitation et, une fois arrivés, nous nous retrouvons dans la petite maison en bois au beau milieu du terrain que nous avons croisé auparavant. Elle ne possède ni eau courante, ni électricité mais a tout le confort qu’il faut. Il y a plein de provisions, une cuisine au gaz et deux lamas et des chevaux à côté pour nous tenir compagnie.

Nous nous écroulons de fatigue après nous être rassasiés dans ce petit lodge paumé en plein milieu de cette forêt du Montana. Première nuit dans un vrai lit depuis le Canada pour ma part.

Les toilettes

Helena National Forest Cabin – Helena

Un gros repos et un bon petit-dèj sont les règles essentielles pour un départ tardif… Trois montées mais peu de kilomètres nous attendent Kelley et moi pour rejoindre Helena, une des plus grandes villes que la Divide traverse.

Nous croisons beaucoup de marcheurs car le Continental Divide Trail chevauche par moment la Great Divide. Oui, il y a aussi une randonnée qui relie le Canada au Mexique pour les fous qui veulent marcher plus de 4 mois.

Malgré les deux cols et la pluie de la matinée la journée n’est pas très difficile, c’est peut-être les jambes qui commencent à se faire aux montées. Nous arrivons à Helena en milieu d’après-midi. Kelley rejoint ses beaux-parents qui voyagent en caravane dans le coin, je prends pour ma part un motel en ville pour avoir un peu de confort et faire une lessive.

Helena – Butte

Kelley ayant fait une partie de la route en caravane la veille (tricheuse :P), je me dois d’être rapide pour espérer la rejoindre aujourd’hui et ainsi continuer la Divide ensemble.
Trois longues montées et 125 kilomètres m’attendent pour la journée à vélo la plus longue de ma vie !
Je quitte Helena rapidement et me fixe des petits objectifs pour diviser mentalement l’effort.

Tout se passe bien malgré la difficulté jusqu’à ce que je me retrouve sur le pire sentier possible. La Divide passe à travers un sentier qui est dans un état déplorable. Très raide et rocailleux, j’ai l’impression par moment de marcher au milieu d’un torrent à sec. Bref, il me faut deux heures et de nombreuses gouttes de sueur pour traverser ces cinq kilomètres de chaos en poussant Zigzag.

Je me sustente dans un petit restaurant à Grand Basin avant d’attaquer la dernière montée de la journée.
Je continue virages après virages, en comptant chaque kilomètre qui me sépare du col ; je pense que cette journée est l’occasion de voir mes limites. J’arrive finalement à Butte à 22h30 après plus de 9h40 de pédalage intensif. Kelley et ses beaux-parents m’accueillent dans leur caravane et m’offrent le repas. Inutile de préciser la vitesse à laquelle je me suis endormi…